Le débat récent

Des prémices au débat actuel

Les analyses du journal Monts 14

Totems, dimension humaine, perspective… De la perte des proportions à la perte des sens
Que poussent les gratte-ciel à Paris : réponses de Thierry Paquot et Patrice Maire.

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La création contemporaine vue par Karim Basbous : le jeu du Pictionary.

L’imaginaire vert, viagra pour architectes hidalgoliens…
Où, pourquoi, pour qui, comment ? Questions autour de la tour Triangle………    pages 9 et 10

 

Hidalgo se raccroche aux fantasmes

En novembre 2014, Anne Hidalgo est menacée de perdre la tour Triangle, une construction phare (selon elle), du XXIe siècle. Elle se souvient de l’éditorial du Monde du 26 avril 2012 : « Paris n’a pas abdiqué toute audace, tout désir d’invention architecturale, toute capacité à réinventer son paysage ».

Le 3 novembre, elle lance un appel à projets urbains innovants, sur 23 sites, sur le thème «  réinventer Paris ». Le 20 novembre, Le Figaro publie une double page Paris, fantasme du XXIe siècle. A l’approche de la COP 21, elle est éblouie par le « pot de peinture verte » de Vincent Callebaut, des bas résilles géants boursouflés de touffes d’épinards qui se dandinent au-dessus des quais de la Gare du Nord. Elle lui commande une étude, Paris 2050. Complètement utopiste, ce dernier livre des projets séduisants au premier coup d’oeil, mais farfelus, irréalistes : par exemple des fermes verticales mêlant logements, jardins ouvriers…

Attractivité des tours & Totem
Monts 14 publie en vain le n° 44 : De la perte des proportions à la perte des sens

En mai 2012, Monts 14 publie un hors-série : Le langage architectural au temps d’Haussmann. Les racines lointaines de l’immeuble haussmannien se situent dans la Renaissance à Florence en Italie au XVe siècle. A l’époque, les Florentins rejetaient la féodalité moyen-âgeuse et aspiraient à la démocratie, à l’humanisme, à l’harmonie…   les architectes étaient en quête des proportions des monuments antiques. Au mois d’octobre, la tour de Babel fait la couverture de Monts 14 n° 44 qui titre De la perte des proportions à la perte des sens. Il aurait aussi bien pu s’intituler L’adoration du totem contre le sens de l’homme dans l’espace.

Deux ans après, les efforts de lobbying sont intenses, autour de « l’attractivité de la tour ». Le journal Monts 14 n° 49 rappelle la confusion entre l’attractivité réelle, économique, et celle du totem. Mais la presse ne relaie pas, impossible d’obtenir le débat sur le sujet .

Effervescence intellectuelle autour de la création architecturale

Karim Basbous, réflexions sur la création architecturale

Surprise, dans Le Monde diplomatique d’août 2012 paraît un article de Karim Basbous, rédacteur en chef de la revue Le Visiteur de la SFA (Société française des architectes). Celui-ci fait un parallèle entre la création architecturale contemporaine et un jeu consistant à identifier un mot à partir de figures tracées par un dessinateur. A cette différence près que le concept importe davantage à l’architecte que sa traduction. Et il termine son article en disant : « Cette dispersion des discours et des figures, dont l’errance, la solitude et la vanité reflètent l’anomie qui accompagne le libéralisme – y compris esthétique – rappelle étonnamment la confusion de Babel ».

Oliver Wainwrigth

En 2014, divers media,  avaient lancé un grand débat sur les tours à Londres.
Les 4 et 6 janvier 2015, un jeune journaliste écrit deux articles sans complaisance sur une nouvelle tour affublée du sobriquet de « Talkie Walkie ». Le Talkie walkie n’est pas le « jardin du ciel » des Londoniens !

Déclarations marquantes

 G. Querrien

Début 2015, dans le n°1 d’Archiscopie, l’article Où, pourquoi, pour qui, comment ? Questions autour de la tour Triangle. « Il faut avant tout réfléchir au sens, tant symbolique que pratique, que peut avoir l’insertion d’un objet « XXL » dans un contexte urbain précis ».

Anne Hidalgo

En février 2015 : « (classer les toits de Paris), « cela bloquerait une grande partie de l’innovation architecturale ».

Oliver Wainwrigth

Le 4 & 6 janvier 2015, dans Le Guardian : « Vue en aval, à l’Alose, la silhouette de tampon hygiénique du Talkie-walkie se vautre avec insolence entre les flèches gothiques du pont de la Tamise. »