Triangle, le 17/11/ 2014

Historique des luttes

Le Conseil de Paris dit « Non » à une tour à la Porte de Versailles

L’arrivée de NKM

A l’approche des municipales NKM ne fait pas mystère de son hostilité à la tour Montparnasse et aux tours en général. Grâce à elle, la droite fait bloc contre le projet, ainsi que les UDI. Le MODEM, les Verts et le Front de gauche nous soutenaient depuis 2011. Deux nouvelles manifestations ont lieu, le 18 janvier 2014, puis le 22 février 2014.

La nécessité de déclasser le terrain : un grain de sable qui peut tout faire échouer

Anne Hidalgo a oublié une petite formalité pour pouvoir accorder à UNIBAIL le bail à construction de la tour Triangle : le terrain sur lequel elle doit être construite doit être déclassé (sorti du domaine public). Le Conseil de Paris doit voter ce déclassement. A cause de ce « grain de sable », tout le système de contrats, d’avenants, d’engagements s’écroule…

Or, depuis les municipales, les socialistes ont besoin des Verts pour avoir la majorité au Conseil de Paris. Ces derniers restent farouchement hostiles aux tours et voteront contre. Cependant, rien n’est joué d’avance. Anne Hidalgo mise sur des défaillances au sein du groupe UMP et, inversement, l’UMP s’efforce de rester soudé et scrute des désistements à gauche. Il en résulte un véritable déchaînement de luttes d’influence dans les semaines qui précède le vote prévu pour le 17-18 novembre.

Déchainement de luttes d’influence

Curieusement, lors du Conseil de Paris du 19 octobre, Anne Hidalgo tient des propos un peu étranges, « elle ne demandera pas aux Verts de s’abstenir sur ce projet qui fait l’objet d’un désaccord assumé ». En réalité, des lobbyings commencent déjà.
Pour couper court aux doutes, le 26 octobre, Philippe Goujon, maire du 15e, déclare fermement au JDD : «Je voterai contre la tour Triangle». Cependant, la contre-offensive ne tarde pas, avec un article vengeur de Frédéric Edelmann dans le journal Le Monde
La bagarre redouble d’intensité début novembre entre le lobby pro-tour et le lobby anti-tour. Il y a des offensives et des contre-offensives,  le lobbying est intense, aussi bien de la part des pro que des anti tour. Les maires UMP font bloc contre la tour, mais le bras de fer semble revenir à l’avantage d’Anne Hidalgo avec l’intervention de la FFB (Fédération française du bâtiment) et du MEDEF en faveur du projet. A. Hidalgo lance un appel aux dissidences dans les rangs de la droite.

Monts 14 organise une réunion publique le 13 novembre

Or, le 1er octobre, le Conseil de Paris a voté à l’unanimité un voeu pour que la Ville obtienne que le classement des toits de Paris au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le projet de construire une tour est une démarche contradictoire avec une telle demande. Le grand paysage se lit avec les points hauts. Monts 14 dévoile pour la première fois des photomontages mettant en évidence des co-visibilités fâcheuses entre le Dôme des Invalides et la tour Triangle . Elle organise une réunion publique le 13 novembre.

Le Conseil de Paris rejette le déclassement de la tour Triangle

Lundi 17 novembre à 9 h, le déclassement du terrain de la tour Triangle devait être le premier vote du Conseil de Paris. Le suspense perdure jusqu’à 14h 15. Le verdict tombe :

83 voix contre, 78 pour, sur 161 suffrages exprimés  .

Coup de théâtre, immédiatement après l’avoir énoncé, Anne Hidalgo déclare que le vote doit être annulé car les Verts et les UMP, mécontents du vote à bulletin secret, ont exhibé leurs bulletins au public avant de les glisser dans l’urne. Elle rappelle même que cette façon de voter « pourrait relever du pénal ». Elle dépose donc un recours devant le tribunal administratif, qui ira jusqu’au Conseil d’Etat.

En attendant, le résultat est là : le projet de tour ne peut pas être mené à bien pour l’instant. C’est un soulagement, voire une grande victoire pour Monts 14 qui se bat depuis 2008, et toutes les autres associations du Collectif Contre la tour Triangle qui l’ont rejointe en 2011.


 

 

Déroulé des évènements