L'analyse de l'association Monts 14

Au printemps 2001, B. Delanoë lance hâtivement le projet de tramway sur les Maréchaux sans laisser aux riverains la possibilité de choisir entre les options Maréchaux et Petite Ceinture.

Au plein coeur de l'été 2003, les services de la Ville procèdent à une opération commando sur le boulevard Jourdan, espérant que l'abattage de 250 arbres passerait inaperçue. Tôt le matin, ceux-ci sont tronçonnés, leurs souches déracinées et le trou bétonné en une seule et même opération. Las, les riverains scandalisés avertissent la presse et l'ABF, Architecte des bâtiments de France proteste car il aurait du être consulté en raison de la proximité des monuments classés de la Cité Universitaire.

Enfin, plus récemment, le président du Conseil Régional, qui veut faire voter le financement du projet sans discussion, s'attire le veto de l'UMP.

La mise en oeuvre du projet aura donc été marquée de bout en bout par la précipitation, le refus de débattre sur le choix entre les options Petite ceinture et Maréchaux et, du coup, un certain manque de cohérence par rapport à la politique globale de réduction de la place de la voiture.

Les habitants des quartiers sud du 14e avaient manifesté leur hostilité au projet lors des réunions publiques en mairie d'arrondissement. L'option Petite Ceinture leur paraissait plus adéquate.

De fait, elle est plus cohérente par rapport à la politique de réduction de la place de la voiture à Paris.

Le transport de surface est fondamentalement un transport de proximité, que l'on utilise un bus ou un tramway. La solution bâtarde qui a été retenue passe par la suppression de cinq arrêts. Placé dans les mêmes conditions, le bus pourrait aller aussi vite.

Au conseil d'arrondissement du 23 juin, Mme Bellenger, adjointe au Maire, soulignait que les rames du tramway avaient une plus grande capacité (300 places contre 75) : "Pour rendre le même service, il faudrait un bus toutes les 40 secondes !".

De fait, le bus a été victime du succès de sa mise en site propre. Désormais, beaucoup plus de personnes veulent l'emprunter, si bien que les passagers sont serrés comme des sardines aux heures de pointe. Et certains envisagent favorablement une nouvelle amélioration.

La solution optimale, du strict point de vue de l'amélioration des déplacements, aurait consisté à augmenter encore la vitesse des bus sur les maréchaux et à réactiver la petite ceinture. D'un côté, le transport de proximité aurait pu être amélioré avec des bus en site propre intégral, dotés d'une électronique à bord donnant la priorité aux feux. De l'autre, le transport de longue distance aurait été bien meilleur, avec une vitesse commerciale de 30 km/h au lieu de 20 km/h, sans risque d'embouteillage, les banlieusards amenés par la ligne du T2 continuant dans Paris avec un vrai RER et une bonne correspondance à Cité universitaire. 

Cette solution aurait été peu coûteuse. Rappelons que des travaux imprévus (déplacement des conduites d'eau, sondage du sous-sol) ont fortement renchéri le projet finalement retenu.

C
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