Stationnement
La nouvelle politique de stationnement commentée dans le journal Monts 14 n° 15
Révolte
contre la suppression des places de stationnement dans les quartiers Pernéty et
Didot-Sud
Le 20 juin 2002, Mme Bellenger, adjointe au Maire du 14e chargée de la voirie
organise une réunion publique en comité restreint pour expliquer la
suppression du stationnement dans les impasses au sud de la rue Didot (villas
Collet, Duthy, Deshayes, square Alice) à cause des pompiers. L'ambiance est
houleuse. Mme Bellenger croit annoncer une bonne nouvelle aux riverains en leur
disant que le stationnement serait désormais payant dans la rue Jonquoy située
un peu plus loin (voir encadré). Mais ces impasses étroites, où deux voitures
se croisent difficilement, ont été très longtemps des voies privées où les
résidents géraient eux-mêmes leur problème de stationnement. Depuis que leur
voie est rentrée dans le domaine public, ils se battent pour en disposer comme
auparavant (voir Monts 14 n° 11)
Malheureusement pour eux et pour les habitants des quartiers situés plus au
nord, la suppression des places de stationnement fait bel et bien partie la
politique de la mairie. Elle concerne les rues et impasses Alice, Collet,
Deshayes, Duthy, de l'Eure, Hippolyte Maindron, Georges Saché, Maurice Ripoche,
Olivier Noyer, Sablière, Sévero… à terme 300 places auront disparu.
Dans ce quartier populaire, pauvre en garages, la difficulté de stationner est
un drame. Les parkings supprimés et ceux devenus payants suscitent d'autant
plus colère et incompréhension qu'ils émanent d'une mairie de gauche, censée
"faire du social". Les habitants aux revenus modestes reçoivent des
amendes de 35 Euros. Les prix des garages montent. Début septembre, la plupart
se garent comme ils le faisaient avant l'été, dans toutes les rues, en
ignorant les PV et la menace de mise en fourrière.
L'ambiance
était pour le moins explosive sur le stand Monts 14, le 23 juin au petit
marché Vuillemin, à l'angle de la rue d'Alésia et de l'avenue Vuillemin.. Un
riverain nous tombe dessus : << Etes-vous d'accord avec les nouvelles
interdictions de stationner ?
Etes-vous au courant ? Les socialistes veulent supprimer 500 places de
stationnement !>>
Le riverain reprend en ponctuant fortement : <<Vous réalisez, le
stationnement était "gratuit"
. Vous trouvez
ça normal, vous, d'être taxé de 1000 F !>>
Quelqu'un
renchérit : << Les nouveaux sens de circulation vont embouteiller tout le
quartier. Toutes les voitures passent par d'autres rues comme la rue de La Sablière,
pour éviter l'avenue du Maine>>
Un sympathisant écolo répond : <<Ce n'est pas eux, ce sont les pompiers,
c'est la préfecture. Vous n'aviez qu'à venir vous exprimer aux réunions de la
mairie. Et puis, je suis d'accord pour qu'il y ait moins de voitures dans Paris,
c'est une mesure qui va dans le bon sens.>>
Il se fait huer : <<Et nous alors ? Et tous ceux qui travaillent ? Vous êtes
de la "Gauche caviar" !>>
Mme
Bellenger fait appel au conseil de quartier
Sentant monter l'hostilité, Mme Bellenger veut faire
endosser la concertation au conseil de quartier. Celui-ci réexaminerait les
projets avec la voirie et ferait des propositions sous forme de vœu à
l'intention du conseil d'arrondissement.
Pourquoi un stationnement payant ?
Le stationnement devient cher pour les non-résidents tandis que les Parisiens
doivent s'acquitter d'une somme symbolique. L'idée est simple. S'il y a un différentiel
de coût de parking entre le lieu de travail et le lieu d'habitation, certains
automobilistes seront sensibles à ce surcoût financier et prendront les
transports en commun.
En théorie, la non-gratuité du stationnement dans la rue Jonquoy en chasserait
une partie des banlieusards qui viennent s'y garer.
Reste à savoir si ceux-ci seront vraiment nombreux à libérer des places. De
plus, on pourrait imaginer un stationnement totalement gratuit pour les résidents,
comme c'est le cas à Londres.
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