Beaunier Vert
(position exprimée dans Monts 14 n° 16 en
décembre 2002)
Fin juin 2002 : un quartier Vert, dites-vous ? Et de surcroît, le premier de Paris ? En avaient-ils de la chance ces habitants du 14e ! En étaient-ils conscients au moins ?
Il y avait, bien sûr, des termes un peu flous dans la présentation du projet : requalification d'une place, reconquête d'une autre, notion d'espace civilisé, de renforcement de la végétalisation et… puisqu'on allait mieux répartir l'espace public, conforter le dynamisme économique du quartier et surtout, oh oui surtout, réduire les nuisances dues à la circulation par le report de cette circulation sur les axes principaux, comment ne pas rêver à des lendemains qui chantent ?
1er juillet 2002 et belle journée d'été : augmentation des tarifs RATP et – un bonheur n'arrive jamais seul – outre une importante densification de la circulation, et des embouteillages indescriptibles dans plusieurs rues du nouveau quartier vert, une vague d'autobus déferle sur la rue Beaunier Ouest, petite rue jusqu'alors paisible et fleurie.
Première conséquence ou plus exactement, condition sine que non, de la création du premier quartier vert de Paris : la modification de l'itinéraire des Bus 28 et 38 à partir de la place Victor Basch - privant de transport une partie des habitants du 14e (Alésia – Tombe-Issoire - Père-Corentin) – transforme simultanément la rue Beaunier, pourtant incluse dans le quartier Vert, en rue noire où s'engouffrent désormais, outre les autobus, les camions et véhicules de toutes natures provenant des deux sens de l'avenue du Général Leclerc, tous obligés de tourner à moins de 100 mètres… devant une résidence pour personnes âgées !!
1er novembre 2002 : le quartier Vert prend forme, certes. Quant aux habitants de la rue Beaunier Ouest, ils voient et entendent passer depuis quatre mois environ 500 bus par jour : 28 et 38 en service régulier, 21, 67, 197, 216, etc. sans voyageur et regagnant leur dépôt.
Bilan : aux uns les places "requalifiées", joliment pavées, la colonne Morris, la fontaine Wallace, les arbres et les fleurs, aux autres, la rue "déqualifiée", les trépidations, la pollution sonore et atmosphérique, l'impossibilité d'ouvrir les fenêtres, le stress et l'insécurité.
La Mairie et la RATP, saisies de la question dès juillet et à plusieurs reprises, et destinataires de propositions de substitution par les habitants de la rue sacrifiée (terme même d'un élu) constitués en association, réfléchissent et étudient ce problème comme ils le savent etc., etc.
Toutes les solutions alternatives proposées restent à l'étude. Une question se pose alors : devons-nous vraiment faire confiance à des interlocuteurs qui nous lanternent, officiellement depuis quatre mois ou devons nous intensifier notre action pour nous faire entendre ?
Notre sentiment actuel est que nos élus affichent un mépris total pour nos légitimes revendications en n'apportant que des réponses dilatoires à un problème dont les conséquences et les réactions qu'elles entraîneraient étaient déjà connues il y a plus d'un an.
Alors, y a-t-il deux catégories de citoyens dans le 14e ? Des privilégiés et des laissés pour compte ? Y a-t-il des moutons noirs dans le quartier Vert ? Oui et qui rient jaune.
Geneviève Bonzom pour le Collectif Beaunier Vert
Beaunier Vert : Association des riverains de la rue Beaunier
Adresse e-mail : beauniervert@voilà.fr
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