Non, la Tour Triangle n’a rien à voir avec les J.O.

Triangle : iront-ils jusqu’à passer outre le droit de recours !

Le 25 février, le journal Libération titrait : La tour Triangle, équipement olympique ? Le Figaro enchaînait le lendemain : Ce discret décret qui va accélérer la construction de la tour Triangle à Paris. Le 6 mars, c’était au tour du Canard enchaîné : Un promoteur déjà couvert d’or aux JO de 2024.

 

 

Canard enchaîné : dessin accompagnant l’article sur la tour Triangle

La tour Triangle n’a strictement rien à voir avec les JO !

Ces quotidiens se faisaient l’écho du décret n°2019-95 du 12 février 2019 qui intègre la tour Triangle dans la liste des aménagements reliés aux Jeux Olympiques 2024, car située à proximité immédiate d’un lieu où se dérouleront des épreuves (tennis de table, etc.).

Ainsi, la tour Triangle tombe-t-elle sous le coup des procédures d’urbanisme accélérées et simplifiées spécifiques aux J.O. 

Les journalistes auraient du faire le rapprochement avec l’article R311-2 du code de justice administrative. Celui-ci a été modifié, comme par hasard, par un autre décret du 26 décembre dernier. Grâce à cette modification, la Cour d’appel de Paris devient l’instance compétente pour tous les litiges relatifs à toutes constructions ou aménagements faisant partie de la liste en question.

Monts 14 souhaite que le Conseil d’État soit saisi

L’effet de ces décrets est immédiat. Le tribunal administratif risque d’être dessaisi d’office, le devenir de la requête devient incertain. L’association Monts 14 est concernée car elle participe à cette action en justice en faisant « un mémoire en intervention ».

Telle est la raison pour laquelle, dès le 27 février, l’avocat de l’association Monts 14 décide de prendre les devants en écrivant une lettre au président du Tribunal administratif, dans laquelle il l’invite à saisir le Conseil d’État.

Le Canard enchaîné creuse le lien entre Unibail et le pouvoir 

Le journal rappelle que Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, provient d’Unibail. Et Guillaume Poitrinal, qui en est l’ex-président, a ses entrées à l’Elysée.

Le journal relève l’origine de l’amendement étendant les dispositions « spécial JO » aux immeubles situés à proximité. Celui-ci provient de sénateurs radicaux de gauche, proches de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires.

Un coup monté ?

Après cet amendement, il fallait bien qu’il y ait une traduction en justice : cela a été chose faite le 26 décembre pendant les fêtes. Et il restait un petit pas à franchir, pour mêler à cela la tour Triangle .

Sans rougir, le gouvernement décrète que les travaux vont gêner. Empêcheront-ils aussi le Salon de l’agriculture, le Mondial de l’automobile, la Foire internationale de Paris ?

Non, la Tour Triangle n’a rien à voir avec les J.O. La faire construire sous ce prétexte, c’est une atteinte à la démocratie !!!!

Comments are closed.