100 000 m² de jardins en pleine terre sacrifiés par Hidalgo

La face cachée d’une communication fallacieuse

Les promesses

Les promesses de pleine terre en 2006
Lors du vote du PLU en 2006, la Mairie de Paris était orgueilleuse de mener une politique verte exemplaire. Dans le Plan de sectorisation végétale, la totalité de Paris était classée, soit en zones de mise en valeur, soit en zones de renforcement du végétal. Développer la trame verte de Paris était l’un des premiers objectifs du PADD (Projet d’aménagement et de développement durable) : réalisation de nouveaux jardins, réaménagement d’anciens espaces verts publics, protection et mise en valeur des espaces verts privés, etc.
L’action en faveur de la biodiversité était annoncée en de termes dithyrambiques : « elle se matérialise par la création de continuités écologiques assurant un maillage entre différents espaces. Les bois, la Seine et les canaux, les mares, les voies de chemins de fer qui pénètrent dans Paris, la Petite Ceinture, les grandes voies publiques et les promenades… sont autant d’éléments qui participent à la constitution de ce réseau. Ces corridors, en assurant le lien naturel entre différents espaces (murs végétalisés, terrasses plantées, espaces verts, friches, la Seine, les bois,…) sont indispensables à la circulation des espèces et par voie de conséquence à la préservation et au développement de la biodiversité dans la cité. »

Des chiffres mirobolants
En 2017, la maire de Paris se pose en « star des espaces verts » et affiche des chiffres extraordinaires : 100 hectares de végétalisation sur les murs et les toits, dont un tiers dédié à l’agriculture urbaine, 30 hectares supplémentaires d’espaces verts ouverts au public, création de « rues végétales », etc.

La réalité

Une réalité moins souriante
Végétaliser les terrasses au-dessus des immeubles, c’est sympathique, certes ! C’est efficace alors que c’est facile à mettre en œuvre. Mais c’est décalé par rapport à un bien patrimonial réellement exceptionnel : la vue sur les toits de Paris. C’est un classement au patrimoine mondial de l’UNESCO qui est sacrifié. La végétalisation, les autres capitales peuvent en faire autant, voire davantage. Cette pratique peut disparaître aussi vite qu’elle est apparue (s’il y a des infiltrations, par exemple).
Et les promeneurs ne profitent guère des cultures sur les toits.

Pour densifier, le contraire des promesses
Les jardins publics en pleine terre, eux, devraient rester sacrés selon les promesses de 2006. Malheureusement, pour atteindre ses chiffres de création de logements sociaux, Anne Hidalgo les grignote de façon irréversible. Selon l’inventaire de Monts 14, 70 000 à 110 000 m² seraient disparus ou menacés, soit près de 3% de l’existant (373 hect.), notamment dans le 12e.

 

Le square Clos Feuquières dans le 13e

Le square Clos Feuquières dans le 13e

 

Le Réservoir de Grenelle en coeur d'îlot

Le Réservoir de Grenelle en coeur d’îlot

 

Un coin de jardin "jeunes pousses"

Un coin de jardin « jeunes pousses »

 

Le jardin Netter-Debergue vu depuis le terrain des boulistes

Le jardin Netter-Debergue vu depuis le terrain des boulistes

 

Le stade Léo Lagrange vu depuis le n° 61 bd Poniatowski

Le stade Léo Lagrange vu depuis le n° 61 bd Poniatowski

 

Le lycée Paul Valéry et sa cour plantée d'arbres

Le lycée Paul Valéry et sa cour plantée d’arbres

 

Le Parc de Bercy vu du Chemin de ronde. La partie gauche est menacée par le 2e ARENA

Le Parc de Bercy vu du Chemin de ronde. La partie gauche est menacée par le 2e ARENA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Square Clos Feuquière : 1 500 m² (15e)

Au 32, rue Desnouettes, un espace d’environ 1 000 à 1 500 m² était un peu à l’écart du reste du jardin public (14 500 m²), avec un local destiné à entreposer des outils. Il faisait bien partie du terrain du Marquis de Feuquières, ancien propriétaire des lieux. La Ville voulait y construire un immeuble de 50 logements, de 6 à 9 étages qui aurait plongé dans l’ombre les lieux. Les associations de riverains, soutenus par le maire du 15e, ont réussi à s’opposer au projet.

 

 

 

 

 

Réservoir de Grenelle : 6 000 m² (15e)
(+ 6 000 m² au réservoir de Passy)

Au 125, rue de l’Abbé-Groult, se trouvent deux grands réservoirs à ciel ouvert d’eau non potable, d’une superficie de 3 000 m² chacun, utiles pour l’arrosage des jardins publics alentour, etc. C’est un lieu écologique, qui attire une faune (oiseaux, canards, etc.). En 2013, Hidalgo voulait y réaliser une grande opération immobilière.
Devant l’opposition de l’association « Respiration Paris 15e » et des riverains, soutenus par le maire du 15e, elle se contente d’une « ferme aquaponique ». Mais ce nouveau projet est inacceptable car anti-environnemental. Il supprime un îlot de fraîcheur, ainsi qu’un lieu de biodiversité, et crée un îlot de chaleur dans un quartier hyper construit de près de 50 000 habitants/km2.
Par ailleurs, le réservoir de Passy, rue Lauriston, dans le 16
e , d’une superficie équivalente, serait également menacé, selon des rumeurs.

 

 

 

 

Stade de Ménilmontant : 1 300 à 4 300 m² (11e )

Au 49-53, bd de Ménilmontant, juste à côté de la basilique Notre-Dame du Perpétuel Secours, se trouve un vague stade, pour le sport et la détente (ou plutôt la sociabilité), ainsi qu’un jardin partagé appelé « Jeunes pousses », d’une superficie de 800 m², 1 300 m² en comptant l’espace vert situé à l’entrée du stade. L’ensemble fait 4 300 m² et l’association Jardin des jeunes pousses le considère comme un poumon vert dans le quartier.
La mairie veut y mettre une déchèterie, ainsi qu’une barre d’immeuble de plus de 30 mètres de haut face au cimetière du Père Lachaise. Tant et si bien que l’on ne pourra plus du tout considérer que les espaces libres doivent être comptabilisés comme espaces verts.

 

 

 

Square Netter-Debergue : 2 500 m² (12e )

En 2006, sur la carte du PLU (Plan local d’urbanisme), une « réserve pour jardin public » de 5 000 m² figurait en cœur d’îlot, entre la cité Debergue et le 77, av. du Dr-Arnold-Netter. Mais, la Modification du PLU de septembre 2009 lui ôte 2 500 m² de « réserve pour logement social », sans que les riverains le sachent.
Et, en 2015, les riverains constituent une association contre  un projet de bâtiments de 6-7 étages. Les petites maisons de faubourg de la cité Debergue en paraîtront écrasées ; le terrain ressemblera à une cour d’immeuble, ou à une cour de récréation (il y a des équipements pour enfants), beaucoup plus qu’à un espace vert.

 

 

 

 

 

 

 

Stade Léo-Lagrange : 20 000 à 40 000 m² (12e)

En 2006, le Stade Léo-Lagrange était rattaché au site inscrit du Bois de Vincennes au titre du patrimoine naturel. En effet, entre Paris et le bois de Vincennes, l’espace du stade Léo Lagrange fait transition, tant et si bien que cette petite forêt est vraiment dans la continuation de la ville de Paris.
Surprise, un an après, dès la première mise à jour du PLU, en 2007, le stade était déclassé sans la moindre consultation des Parisiens.
Dans le processus de concertation en cours pour la ZAC (Zone d’aménagement urbain) de Bercy, la Ville, dans un premier temps, a omis de l’inscrire dans le périmètre concerné. Puis, en 2016, elle change d’avis, elle veut y bâtir des logements, soi-disant parce qu’il faut reconstruire le stade. La réalité est qu’Anne Hidalgo veut accélérer la course à la densification de Paris. Au final, 20 000 m² d’espaces verts risquent de disparaître, voire le double si les tribunes sont reconstruites en dur.
Les riverains fondent l’association IFSLL (Il faut sauver Léo Lagrange) en 2016. Une deuxième association de riverains apparaît plus tard, APPELL (Association pour la préservation des espaces Léo Lagrange).  

 

 

 

 

 

Lycée Paul Valéry : 16 000 m² (12e )

Au 38, bd Soult, la vaste cour plantée d’arbres du lycée Paul Valéry est le poumon de tout un quartier. Dans d’autres arrondissements comme le 14e, elle aurait été classée automatiquement en EVP (Espace vert protégé). La Ville veut y construire des logements pour étudiants. Les habitants estiment à juste titre qu’ils vont être dépossédés d’un jardin qui leur appartenait.

 

 

 

 

 

Jardins de Bercy : 25 000 m² (12e )

La partie Ouest des Jardins de Bercy, « les Prairies », va être amputée par un nouvel ARENA. Grosso-modo, 2,5 des 14,5 hect. de l’espace sont concernés.

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