Hidalgo fossoyeur du site de Paris

Le grand paysage à Paris classé en site inscrit en 1975

Il comprend 4400 hectares, 42% de la superficie totale de Paris ; il est constitué pour l'essentiel des 11 premiers arrondissements, ainsi que du 16e et du 17e. Une telle inscription vise à suppléer aux limites de la loi de 1913 qui prévoit un rayon de 500 m seulement autour des monuments historiques

De gauche à droite: Patrick Albrand, Président de Hines France (maître d'ouvrage délégué), Meka Brunel, ancienne présidente Europe d'Ivanhoé Cambridge, Laurent Mignon, directeur général de Natixis, Patrick Ollier, Président de la Métropole du Grand Paris, Jean Nouvel, architecte, Anne Hidalgo, Maire de Paris, Bill Tresham, Président de Ivanhoé Cambrige (maître d'ouvrage), Jérome Coumet, Maire du 13ème arrondissement de Paris, Jean-Louis Missika, Adjoint à la Maire de Paris chargé de l'urbanisme, de l'architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l'attractivité, Hugues Fourmentraux, Président de Vinci Construction.

De gauche à droite: Patrick Albrand, président de Hines France (maître d’ouvrage), Meka Brunel, ex-présidente Europe d’Ivanhoé Cambridge, Laurent Mignon, directeur général de Natixis, Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, Jean Nouvel, architecte, Anne Hidalgo, maire de Paris, Bill Tresham, Président de Ivanhoé Cambrige (maître d’ouvrage), Jérome Coumet, Maire du 13e, Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l’urbanisme, Hugues Fourmentraux, président de Vinci Construction.

 

 

 

 

 

 

 

Le mot « site » est étranger à Hidalgo et même à beaucoup trop de journalistes et de Parisiens. L’interlocuteur incrédule imagine la tour Triangle au milieu des bâtiments du Parc des expositions et du quartier proche, dans un rayon de 1 à 2 km.

Le touriste, lui, veut connaître le grand paysage, celui que lon embrasse du regard depuis Montmartre, pour mieux appréhender l’étendue de la cité, son ordonnancement emblématique.

Hidalgo, comme Pompidou en 1967

Hidalgo évoque « un élan vers la modernité ». Nous avons la sensation de revenir 50 ans en arrière, à l’époque de Pompidou. Michel Holley, dans les années 60, employait les mêmes mots pour « l’urbanisme vertical ». Aujourd’hui, nous en conservons les stigmates : les perspectives gâchées par les barres ou les tours datent de cette époque, à commencer par la tour Montparnasse (voir Monts 14 n° 52, 53, 54). Et le regard qui se porte vers le Sud-ouest croit distinguer la banlieue, Ivry (curieusement une colline), alors qu’il s’agit du 13e.

1972-1975 : une prise de conscience

Pourtant, cinq ans après, dès 1972, une prise de conscience apparaissait. La France adoptait la convention de l’UNESCO concernant la protection du Patrimoine mondial, culturel et naturel. Trois ans plus tard, en 1975, le territoire de la commune de Paris était classé en « site inscrit » à hauteur de 44 hect. (sur un total de 105 hect.) et les bois étaient même classés en « site classé ». La même année, le plan d’urbanisme était voté, accompagné d’un Plan des fuseaux de protection générale du site : la sauvegarde du paysage passait par la réminiscence des incongruités malheureuses.

A cela vient s’ajouter le classement des Berges de la Seine au patrimoine mondial de l’UNESCO 

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Les fossoyeurs du grand paysage

La Cour d’appel a rejeté, le 30 mars, les conclusions de l’association pour la tour Triangle au motif « qu’il ne convient pas pour autant de se référer au plan de 1975 ». Ainsi, elle ne prend en compte, ni le Plan des fuseaux, ni le classement des berges de la Seine, ni le classement de la commune en site inscrit. La Ville a délivré le permis de la tour Triangle le 10 mai dernier. Par ailleurs, le Conseil d’État a refusé de traiter le pourvoi en cassation que Monts 14 tentait contre les tours à Masséna.

Le journal Le Point titre Sous le ciel de Paris… fleurissent des projets de tours, le lobby pro-tours exulte, vinci-construction, batiactu. En effet, Hidalgo a jeté la première pelletée de terre pour le chantier des tours Duo, en compagnie de Jean Nouvel, Missika, etc. Les tours Duo, vues depuis l’Arc de Triomphe, seront en covisibilité du Panthéon, sur la droite, nettement plus hautes. Mais trois autres sont prévues, sur la gauche. Le monument historique en sera complètement « enterré ».

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