Portrait d’architecte : Edouard François

Edouard François

Edouard François

Imbu de lui…
du fétichisme vert…
…    à l’exploit abscon !

  (exploit de  l’absence d’un contenu qu’il est con de réduire à néant)

En guise de formation artistique, l’université apprend surtout aux étudiants à « prendre leur vessie pour une lanterne ». Un réflexe de prudence les conduit toutefois à se copier les uns sur les autres…      murs penchés, surplombs… tant pis pour l’espace peu commode, la sensation du vide sous les pieds…

Dans cet environnement, Edouard François ressemble plutôt au peintre très fier d’avoir mis des moustaches à la Joconde.

Vers 1990, opposé à la construction de logements Cité Bauer, sous ses fenêtres, il distribuait un flyer d’un égoïsme provocateur : « Exigeons un champ de roses » ! Il est resté depuis paysagiste plutôt qu’architecte et a continué de confondre création et provocation. Bien de sa confrérie, il donne dans ce jargon hermétique qui masque l’ignorance, l’insensibilité aux origines lointaine de la physionomie de Paris (et de la création architecturale en général). Il se distingue toutefois par un sadisme culturel très prononcé à évoquer les racines auxquelles un peuple est attaché, pour mieux les éradiquer ensuite, comme en témoigne l’hôtel Fouquet’s.

 Evènements

16 janvier 2017
Réunion très houleuse avec les locataires de la cité HLM Didot-Eure et le bailleur social 3F. Le président de Monts 14 interpelle Ed. François sur la disparition de la « règle du prospect ».

Ses tergiversations horripilent l’assistance.

Hôtel Le Fouquet's 46 avenue Georges V

Hôtel Le Fouquet’s,  46 avenue Georges V

Hôtel Le Fouquet's 46 avenue Georges V

Hôtel Le Fouquet’s, 46 avenue Georges V

Moulé-Troué gros plan

Moulé-Troué gros plan

 

Flower tower

Flower tower

 

M6B2 Tour de la biodiversité

M6B2 Tour de la biodiversité

grillage

grillage

 

 

 

Maquette vue à l'angle des rues Didot et Eure

Maquette vue à l’angle des rues Didot et Eure

 

Dessin de Laurence Duvernois : le projet d'enfermement et de grillage

Dessin de Laurence Duvernoy : le projet d’enfermement et de grillage

 

 

 

 

Hôtel Le Fouquet’s

En 2007, dans un îlot bordé par les Champs-Elysées et le 46, avenue Georges V, Edouard François  a fait reproduire le moulage en béton d’une façade haussmannienne, fenêtres murées, peinte en gris métallique. Derrière l’espace a été découpé de façon rationnelle, avec peu d’ouvertures, perçant la « peau » de façon totalement indépendante du dessin haussmannien. « Nous avons inventé le concept du «moulé-troué» », dit-il à l’époque.

Derrière cette façade, le cadre est cubique, la lumière blafarde. Les chambres d’hôtel  sont luxueuses, mais leur style international. Résultat, les amoureux de Paris, intrigués par la sensibilité fine des moulures du moule d’E. F., ont un « haut le coeur » quand ils réalisent le « cube intérieur froid ». L’immeuble qui a servi de modèle paraît pataud, le masque supplante le vrai. Au lieu de la dépasser, l’homme est rattrapé par la sensation de l’espace atrophié, du cube réduit à ses propres dimensions.

Une ignorance crasse

Ed. François  n’a absolument rien compris à l’esprit humaniste des grands architectes de la Renaissance du XVe siècle, comme Brunelleschi. Ce génie concevait une représentation totale de l’espace, qui « ne peut admettre de distinction entre espace intérieur et espace extérieur ». A son époque, l’intérieur des palais était plus beau que l’extérieur. Des proportions, des moulures au plafond, autour des portes et fenêtres émanait une majesté, une sensibilité fine destinée d’abord aux occupants, une extériorisation plus rude se manifestant côté rue.
Dans le journal Monts 14 n° 46, l’article « Pastiche et création » explique que « l’art de l’architecture consiste à honorer l’homme en précisant sa place dans le cosmos »

Un exploit abscon

Puisque personne humaine il y a, faisons le rapprochement avec l’homme qui impose à autrui une façade. C’est sa liberté ! Dans la pratique, elle mène à une forme de sadisme (et d’autoritarisme) relationnel. Combien de tensions, de répression du naturel, de refus du ressenti, cela n’engendre-t-il pas !
Est-ce cela qui bloque la capacité créative des architectes d’aujourd’hui ?

Tower Flower

En 2004, selon Ed. François,  « Tower Flower incarne l’expression du désir de nature en ville ».

Karim Basbous, rédacteur en chef de la revue Le visiteur, conçoit les choses autrement :
« Dans le « viol architectural » auquel on assiste trop souvent, on n’est ni séduit, ni attiré, on ne découvre pas : on obéit et on subit. On n’est plus le visiteur courtisé, mais la proie d’un « concept », lequel s’évertue tantôt à faire ressurgir un postmodernisme moribond, tantôt à confondre les enjeux écologiques avec un fétichisme déplacé pour de la verdure mal placée.
La poupée de l’architecte – le temps d’une chronique – devient la prison de l’habitant, le temps d’une vie. »

La vue sur la végétation est agréable en soi ; elle est géniale lorsqu’elle cache un « blokhaus » des années 60. Mais ce n’est pas de la création architecturale. C’est plutôt s’avouer vaincu d’avance lorsqu’on a honte d’être « hidalgolien », au point de cacher sa « création ».

 

 

 

 

 

 

 

M6B2 Tour de la biodiversité

 

Le monstre à l'oeuvre

Le monstre à l’oeuvre

Ed. François s’adapte sans vergogne à la hauteur de 50 m dans la ZAC Masséna, dans le 13e, en face des tours Duo avec des balcons pointus très « à la mode ». La végétalisation est là encore le « fou » du jeu de cartes, l' »excuse ».
Les balcons sont clos par des grillages. Ne se sentant pas en sécurité, craignant pour leurs enfants, les occupants ont exigé de vrais balcons…   Aussi ont-ils eu droit aux rambardes et au grillage !

Ainsi revient-on à l’esthétique des années 60, au fameux cliché des « cages à lapin ». Que de chemin parcouru pour aboutir à aussi peu !

Cages à lapins

 

Densification à outrance de la Cité HLM Didot-Eure dans le 14e

Décidément, nos édiles n’auront jamais le courage de reconstruire le Paris enlaidi des années 60. Au contraire, Anne Hidalgo a donné la consigne aux sociétés d’HLM de la Ville, de bourrer au maximum les terrains hérissés de tours et barres.
Tel est le cas dans le quadrilatère Didot-Eure-Maurice Ripoche-Hippolyte Maindron.
Ed. François, connu pour son talent de paysagiste, est pressenti. Il reproduit le concept de la Tower flower, tel qu’il a été revisité à la Tour de la biodiversité : grillage + végétation.

La Cité de l’Eure veut « respirer »

La situation n’est pas la même : des bâtiments seront plaqués sur les murs pignons aveugles. Devant les fenêtres de chambre actuelles, de part et d’autre , la vue sera enserrée par un avancement du béton sur 6 m. Outre ces murs entraînant pertes de vue, pertes de lumières et pertes de ciel, apparaîtront des passerelles et un grillage posé du haut en bas sur 10 étages !
De surcroît, sur le grillage poussera la végétation, tandis les passerelles d’accès aux appartements risquent d’être « privatisées » pour entreposage « sauvage ».

La Ville croyait berner les riverains en leur disant, début 2016, qu’ils auraient un champ cultivé au-dessus de leurs têtes. Plutôt satisfaits, ils n’y voyaient pas « malice ». Mi-décembre, ils ouvrent les yeux. Le 16 janvier 2017, le bailleur social 3F présente le projet aux locataires et aux riverains. L’ambiance est hostile, les critiques et observations incendiaires pleuvent. L’équipe 3F tente de canaliser leur agressivité. Elle croit y parvenir et passe la parole à Edouard François, un peu hautain selon son habitude. A peine a-t-il commencé à avancer quelques explications oiseuses que le président de Monts 14 l’interrompt pour lui demander s’il y a bel et bien abandon de la « règle du prospect ». Ses tergiversations mettent l’assistance en furie. Déstabilisé, il accepte de redéfinir son projet en concertation avec les occupants.

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