Quel devenir pour les Frigos ?

 

Le château d'eau des Frigos vus de l'extérieur

Le château d’eau des Frigos vus de l’extérieur

 

L'enroulement de l'escalier, vu de l'intérieur

L’enroulement de l’escalier, vu de l’intérieur

L'enroulement intelligent schématisé

L’enroulement intelligent schématisé

 

Jean-Paul Réti, représente les occupants

Jean-Paul Réti représente les occupants

 

 

 

 

La hausse des loyers, une expulsion déguisée ?

Ce bâtiment, à l’origine entrepôts frigorifiques, est loué depuis 36 ans à près d’une centaine de professionnels travaillant dans des ateliers individuels. La création artistique et artisanale naît souvent dans la pauvreté, les friches industrielles délaissées sont souvent son terrain de prédilection.

Un statut précaire a été signé au départ avec la SNCF, qui avait annoncé la disponibilité des locaux. Après tant d’années,les locataires ont demandé une reconnaissance en bonne et due forme. D’abord à la SNCF puis à la ville de Paris, le nouveau propriétaire. Aujourd’hui, Julliard, l’adjoint chargé de la culture, veut aligner les loyers sur la réalité du marché…   alors qu’il s’agit de locaux aménagés par les seuls occupants, à leurs frais. En effet, les chambres froides sont devenus ateliers dès lors que chacun a percé sa fenêtre, mis l’eau, l’électricité, les sanitaires : en somme « reconstruit » son « frigo ».

Un total irrespect du lieu

Ces locaux d’activités sur cinq étages avaient besoin d’un ascenseur depuis bien des années. Mais la ville a décidé de faire l’installation sans en montrer les plans. Le résultat en est affligeant.

Jean-Paul Reti*, artiste de talent et représentant de dizaines d’occupants, lance un appel au secours, souhaite faire connaître ce gâchis.

Un de plus.  Ce bâtiment tout en lourdeurs rectangulaires, parfaitement inhumain est adouci par la tour du château d’eau, toute en courbes, féminine, « dissymétrique », comme dirait le philosophe Yvan Illitch. Là s’enroule un escalier de forme hélicoïdale, d’étage en étage, avec des pauses, suivies de reprises en souplesse… Une clarté d’église émane des fenêtres étroites, « comme gothiques ».

Las, des ouvriers s’affairent ces jours-ci pour installer un ascenseur carré, opaque et qui dissimulera la structure d’origine si intéressante.

* Jean-Paul Reti s’intéresse aux questions sociétales, mais aussi à l’architecture. D’ailleurs ses sculptures traduisent ces mêmes préoccupations, mi-picturales, mi-sculpturales, avec des thèmes souvent urbains.

Pour mieux connaître Les Frigos

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