En 1975, les édiles défendent le paysage de Paris

 

 

 

point de vue

 

 

échappée

 

 

 

Une échappée vers le Sacré-Coeur, rue Laffitte

Plan des fuseaux de protection générale du site de la Ville de Paris

Une prise de conscience

Dans les années 1970, une prise de conscience commençait à se faire jour : les perspectives se bouchaient un peu partout dans la capitale avec le Front de Seine, la  Tour Montparnasse, les Olympiades, pour ne citer que les opérations les plus importantes*…  En 1972, le ministre des Affaires culturelles, Alain Duhamel, s’insurge contre la tour Apogée, 230 m de haut, qui, vue depuis le quai de la Mégisserie, allait être en covisibilité avec le Dôme du Panthéon.

*En réalité, il y en a eu bien d’autres, la tour de Jussieu, la faculté de Médecine de la rue des Saints-Pères, le bâtiment élevé situé derrière l’Ecole militaire, les bâtiments qui entourent la gare Montparnasse, etc.

Le préfet se met à défendre le paysage

Alors même que les programmes de tours et de hautes barres sont encore en chantier, le préfet (à l’époque Paris n’avait pas de maire) demande à l’APUR (Atelier parisien d’urbanisme) une étude pour limiter la hauteur des constructions avec le « double souci de protéger les perspectives et les ensembles monumentaux ou historiques ».
Apparaît un « Plan des fuseaux de protection générale du site de la Ville de Paris« .

Ceux-ci traversent toute la capitale. Ainsi, depuis l’Arc de Triomphe, la vue sur l’axe de la rue de Rivoli doit être protégée jusqu’à la frontière avec Vincennes et Saint-Mandé. Des lignes perpendiculaires sont tracées vers l’Est, avec des cotes d’altitude NGF 90, 92, 93, 94, 95, 96 et 97 juste avant le périphérique. Plus on se rapproche de la frontière avec la banlieue de Vincennes et Saint-Mandé, plus la limite d’altitude tend vers 97 m.

Une note technique donne des définitions, des explications avec des exemples


Les fuseaux imposent des contraintes auxquelles se plient les plafonds de
hauteur, ils interdisent toute
émergence fâcheuse, pour préserver perspectives, points de vue, échappées…
 Une autre note donne l’exemple du Fuseau 29F  pour une échappée depuis la rue Laffitte en direction de Notre-Dame de Lorette et du Sacré Cœur de Montmartre.

Une vision du grand paysage

En même temps, les réflexions se poursuivent sur les hauteurs dans les nouvelles opérations comme dans celles en cours. Il est envisagé d’abandonner les zones de hauteur maximale 45/50 m en périphérie. Celles-ci créeraient un effet « d’engoncement ».
Le terme « effet de cuvette » est également employé.
Le 21 juin 1972, le préfet décrète que les dérogations ne seront accordées qu’aprés un « examen extrêmement sévère des projets en fonction des incidences qu’ils pourraient apporter sur leur environnement (le paysage)… ». Les orientations sont les suivantes : respect du site naturel, protection absolue du centre historique, sauvegarde des perspectives majeures et des ensembles monumentaux, ainsi que protection de quelques points de vue particuliers ou échappées intéressantes. Les zones de 45/50 m sont conservées.

Signez la pétition Hidalgo, tu nous emmures 

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