Tour Triangle : votée le 29 juin grâce à 7 benêts de l’UDI

 

La victoire des idées fausses

 

Deux semaines avant le vote, l’attitude des membres de l’UDI paraissait étrange. Ils déclinaient toute invitation à faire bloc, refusaient le principe même d’une réunion préparatoire au sein de leur propre parti. Eric Azière, président de groupe, faisait écran, impossible d’entrer en contact avec les 7 UDI douteux. Il acceptait des rendez-vous avec les associations, écoutait… mais leur signifiait qu’il laisserait chaque membre de l’UDI voter « en son âme et conscience ». Explication, le 17 novembre 2014, il pouvait imposer la discipline de parti à des nouveaux UDI fraîchement élus. Huit mois après, ce n’était plus le cas…

Le contexte politique

A cela venait s’ajouter un contexte politique inquiétant. Depuis des mois, NKM usait allègrement de « sa liberté de parole », Sarkosy en avait été indisposé à diverses reprises. Comme un « coup de pied de l’âne », ce dernier salue « une tour émanant d’une initiative privée », au pire moment, lorsque les pressions sont maximales. Pour les régionales, il conclut un accord royal avec Lagarde, président de l’UDI, lui-même favorable à la tour. NKM en est fragilisée. De plus, dans la perspective des primaires, elle devient une concurrente à affaiblir.

Si on fait le bilan, dans la perspective de 2017, NKM, Alain Juppé, Bayrou et le Modem seraient en faveur de la défense du patrimoine tandis que Nicolas Sarkosy et Lagarde n’en ont cure.

L’opposition tente le débat

Goujon 2Le jour venu, la salle du Conseil de Paris est bondée. Le projet de tour essuie un feu nourri de l’opposition. Un feu ? Non, plutôt un faisceau d’observations justifiées, de réflexions empreintes de finesse, matures. Tout d’abord, l’alibi écologique ne tient pas. Les Verts sont très remontés là-dessus. Le Modem Yan Werhling parle d’une « serre géante » l’été. Sa consœur Marielle de Sarnez débat sur l’attractivité, l’image totémique de la tour : « fait-elle sens pour Paris » ? Philippe Goujon, maire du 15e, brandit deux schémas de l’occupation de la tour « avant-après » : passer de 85 à 75 % de bureaux ne change pas grand-chose. Nathalie Kosciusko-Morizet soulève le voile sur les montages financiers exagérément favorables à UNIBAIL.

Les sept benêts de l’UDI

Les débats se poursuivent jusqu’au moment où Hidalgo donne la parole à Valérie Nahmias qui, avec six autres UDI, « se désolidarise de l’opposition pour faire un vote constructif pour l’attractivité de Paris ». Comme on clique sur « J’aime » ou pas sur facebook ou bien twitter !

Anne Hidalgo jubile, elle ressasse, comme elle l’a toujours fait depuis 2008, « la tour crée des emplois… donne de l’attractivité, est gratuite pour les Parisiens, va libérer des logements…. ».

La tour est votée par 87 voix pour, 74 voix contre.

Le triomphe des préjugés

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