Le « Guardian » rejette la nouvelle tour de Londres

Le "jardin du ciel" d'après la maquette !

Le « jardin du ciel » d’après la maquette !

Le "jardin du ciel" en réalité

Le « jardin du ciel » en réalité

Plus on paie, plus la "ferraille écarte la vue du paysage

Plus on paie, plus la « ferraille écarte la vue du paysage

 

Le Talkie-walkie se vautre entre les flèches gothiques du pont de la Tamise

Le Talkie-walkie se vautre entre les flèches gothiques du pont de la Tamise

En plein coeur de la Ville

En plein coeur de la Ville

Un bombement d'intimidation

Un bombement d’intimidation

Au milieu d'immeubles qui ont du cachet

Au milieu d’immeubles qui ont du cachet

 

 

 

 

Oliver Wainwrigth, le journaliste auteur de l'article du Guardian

Oliver Wainwrigth, le journaliste auteur de l’article du Guardian

Le « Talkie Walkie » n’est pas le « jardin du ciel » des Londoniens !

Outre manche, l’enthousiasme pour les toits végétalisés et la course à la tour la plus iconique… vient d’être douché par l’entourloupe du « Talkie Walkie ». Le cabinet d’architecte Rafael Viñ Oly avait lancé l’idée du plus « haut » parc public du Royaume-Uni, une tour de 160 m de haut au 20, Fenchurch Street. Ce sobriquet lui venait de sa forme bombée sur les côtés.

Avant même d’être achevée, elle défrayait la chronique car ces concavités faisait loupe, au point de faire fondre la carrosserie d’une jaguar.

Le Gardian

A son ouverture, en janvier 2015, paraît dans le Gardian une critique impensable pour nos journalistes parisiens. « Quand verrons-nous la fin de cette surenchère ! » dit Oliver Wainwright, qui visite incognito et « tombe de haut ».

Premier couac, il y a un accès public gratuit comme promis, mais il est sévèrement restreint, à moins de s’offrir le restaurant très chic du dernier étage : il faut réserver sur une plage horaire, et il y a foule…

Les surprises

Deuxièmement, la tour se « gonfle » dans un bombement d’intimidation au-dessus d’un quartier résidentiel où se trouvent des bâtiments de bonne facture.

Un jardin public stupéfiant au sommet ? En réalité, 800 m², ce n’est pas pour promener un chien, faire des pique-niques, la pagaie dans des étangs…

Contrairement à la maquette, des armatures d’acier fléchissent dans toutes les directions, impossible de se rapprocher du bord. La sensation est la même que dans un aérogare qui serait logé en hauteur.

De plus, l’espace central est phagocyté par des préfabriqués empilés avec un bar et deux étages de restaurants. Et, plus ça monte, plus on paie cher, plus les parapets écartent de la vue sur l’extérieur. De part et d’autre, effectivement, sur des pentes, il y a des fougères, des lys africains, des oiseaux de paradis et autres plantes exotiques, des tubes d’acier pour l’arrosage, un jardin de rocaille plutôt qu’un vrai jardin… Un tel effort pour si peu !

La tour s’élargit dans sa partie haute. Pour une raison esthétique ? Non, les m² en hauteur valent plus ! En réalité, les lames d’acier sur les côtés laissent une sensation désagréable par rapport au « grillagé » de la façade.

Une soi-disant figure de proue

Les tours de la capitale se concentrent dans la City, un quartier relativement proche du Londres historique, un peu comme le Front de Seine. Elles devaient former un cône imaginaire montant à son point le plus haut quelque part près de Leadenhall.

Le Talkie Walkie a été fortement contesté car il a été construit, justement, à l’extérieur de cette zone. Depuis son sommet, le Shard (Tesson de bouteille) est vu à mi-hauteur, dans toute sa gloire d’éclats brisés, et le Cheesegrater (râpe à fromage), le Gherkin (Cornichon), la Tour NatWest… sont docilement alignés comme des pièces d’échecs.

Pour Peter Rees, le maire de Londres, « Le « Jardin du Ciel » est une figure de proue à la proue du bateau, une plate-forme pour voir le bestiaire de verre et d’acier, un nid de corneille pour que les gars (golden boys) de la City regardent d’en haut ce qu’ils ont créé ». C’est une « tonnelle aérienne » ajoute-t-il : le secret du succès d’une Ville, ce sont les lieux de convivialité où ceux qui brassent des affaires viennent se brosser à d’autres, après le travail, dans une ambiance de fête.

Le « ras le bol » des Londoniens

Le Walkie est debout à l’extérieur de tout, au centre de tout, comme un pouce endolori. Le panorama est bouleversé : vue en aval, à l’Alose, la silhouette de tampon hygiénique du Talkie-walkie se vautre avec insolence entre les flèches gothiques du pont de la Tamise.

Et le journaliste termine son article en disant : « S’il vous plaît, arrêtez de dire qu’il y va de l’intérêt général, faites des espaces de fête sans une telle intrusion sur les cieux et le fleuve de Londres »

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