Modification du PLU : enquête publique du 9 juin au 10 juillet

Première remarque, il n’y a eu quasiment aucune publicité pour l’enquête publique de la Modification du PLU. La plupart des Parisiens en ignorent complètement l’existence. Aussi l’association Monts 14 a-t-elle publié un communiqué de presse.

Cette enquête est l’occasion de demander un renforcement des protections patrimoniales. L’association Monts 14 fait diverses demandes en ce sens, elle juge nécessaire un renforcement de la protection des « secteurs de maisons et villas », un meilleur contrôle de l’esthétique des surélévations, mais aussi et surtout une réécriture de l’article 11 du règlement pour les perspectives urbaines : il ne faut plus jamais de destructions comme à la Samaritaine !
Par ailleurs, le PLU doit rester le fruit d’un consensus, d’un juste équilibre entre le besoin de se loger pour certains et le besoin de jouir d’un cadre de vie agréable pour d’autres. A la volonté d’entasser exagérément s’oppose le besoin de « respirer ».

Demandes patrimoniales

L’association Monts 14 demande de nouvelles protections patrimoniales:

-sur l’avenue Denfert-Rochereau, il faut une PVP, Protection Ville de Paris, pour la maison de Chateaubriand au n° 88 et, juste à côté, au n° 92, à la Maison de retraite Marie-Thérèse, pour le bâtiment construit en 1821 par sa femme pour le logis des sœurs, prolongé en 1827 par une chapelle où elle fut ensevelie et pour le pavillon de l’horloge (1833) qui abritait une chocolaterie et, enfin, au n° 82, à St-Vincent de Paul, pour le bâtiment Robin. Il faudrait enfin un filet de hauteur (18 m pour la façade) pour les n° 65 à 73

– rue Daguerre, il faut des classements en VEC, volumétries existantes à conserver, aux n° 26 à 38, 86-88 côté pair et 27, 57 à 67 côté impair. Cela permet de protéger en même temps des respirations aux croisements Daguerre-Boulard, Daguerre-Gassendi, Daguerre-Deparcieux. Sur cour, il faut aussi des VEC pour les cités d’artistes des n° 7, 11, l’imprimerie du n° 13, les cités artisanales des n° 57 à 67.

– l’atelier d’artiste en fond de cour au 19, rue Mouton-Duvernet, doit être classé en PVP

Renforcement de la protection des « secteurs de maisons et villas »
Apparemment, les filets de hauteur sont insuffisants pour protéger ces sites urbains qui ont souvent beaucoup de charme : les permis de construire défilent…

De façon systématique, il faudrait appliquer des contraintes plus contraignantes, des VEC, « Volumétries existantes à conserver ».

Surélévations
En cas de surélévation, priorité doit être donnée à l’intégration par rapport à l’existant ; les bâtiments haussmanniens en pierre de taille ne doivent jamais être rehaussés.

Perspectives urbaines : plus jamais de destructions comme à la Samaritaine !

La perspective de la rue de Rivoli est de plus en plus endommagée. Dans l’article 11 du règlement du PLU, le principe de l’intégration des nouvelles constructions dans le paysage urbain doit être rétabli.
Les phrases « Les constructions nouvelles doivent s’intégrer au tissu existant, en prenant en compte les particularités morphologiques et typologiques des quartiers (rythmes verticaux, largeurs des parcelles en façade sur voies, reliefs…) ainsi que celles des façades existantes (rythmes, échelles, ornementations, matériaux, couleurs…) et des couvertures (toitures, terrasses, retraits…). » et « Les bâtiments sur rue se présentent en général sous la forme de différents registres (soubassement, façade, couronnement), qui participent à leur composition architecturale, en particulier en bordure des voies et des espaces publics. » doivent être conservées.

En revanche, il faut supprimer « L’objectif recherché ci-dessus ne doit pas pour autant aboutir à un mimétisme architectural pouvant être qualifié esthétiquement de pastiche. Ainsi l’architecture contemporaine peut prendre place dans l’histoire de l’architecture parisienne. » et « Les traitements architecturaux contemporains peuvent ne pas traduire le marquage de ces registres, qui peuvent toutefois être imposés dans certaines configurations. »

Des zones de protection renforcée de la beauté des sites haussmanniens doivent être établies.

Le « droit à respirer » doit être respecté

Le COS (Coefficient d’occupation des sols), une règle limitant la densité, a disparu avec la loi ALUR, de Cécile Duflot.

Les règles de gabarit, notamment la règle du prospect, subsistent. Mais ce type de protection a disparu à la ZAC Masséna. Le « droit à respirer » des Parisiens est menacé. En réponse à cela, l’association Monts 14 exige au contraire un respect renforcé de la règle du prospect. Elle s’oppose aux dérogations et estime que les hauteurs de façade autorisées ont été suffisamment augmentées.

En cas de continuité des espaces verts en cœur d’îlot, il faut que le dépassement des héberges ne soit plus autorisé sauf accord entre copropriétés.

Aux angles de rues (où se trouvent souvent des brasseries qui donnent aux quartiers un air de village), priorité doit être donnée au respect des perspectives urbaines.

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