Tour Triangle et toits de Paris

Des co-visibilités inacceptables

Depuis 2008, Anne Hidalgo veut changer la physionomie de Paris. En construisant des tours, elle gâche effectivement le grand paysage, celui que l’on voit depuis la tour Eiffel, le Sacré-Coeur, l’Arc de Triomphe… Chaque année des dizaines de millions de visiteurs « lisent » le site de la Ville à travers ses points hauts : les clochers, les tours de Notre-Dame, le toit du Grand Palais et celui de la Gare d’Orsay, le Dôme des Invalides, le Dôme du Panthéon, etc. Cette vision fait partie de l’image de Paris.

Photomontage de la tour Triangle dans la perspective depuis le Sacré-Coeur

Photomontage de la tour Triangle dans la perspective depuis le Sacré-Coeur

Les tours changent cette lecture. Par leur disproportion, elles attirent l’attention à elles « comme un paratonnerre la foudre ». Ce faisant, elle gâtent une image beaucoup plus belle, beaucoup plus forte, celle du Paris Haussmannien, des grands boulevards, des Galeries Lafayette, de toute une diversité culturelle, etc. Leur apparition en covisibilité de monuments historiques est particulièrement fâcheuse : classer un bâtiment, c’est classer ses abords.

Quai Invalides photomontage Triangl cercle rouge

La réunion publique organisée par l’association Monts 14 le jeudi 13 novembre était destinée à évaluer l’impact des projets de tours dans le paysage parisien, avec des photomontages, notamment celui de la tour Triangle, en présence de personnalités qualifiées : Santiago Hidalgo membre de l’ICOMOS (organisme lié à l’UNESCO)et Juan Camilo Gaviria Betancur, spécialiste du patrimoine mondial.

Depuis les marches du Sacré-Coeur, la tour Triangle va se situer en plein dans la ligne de mire du Dôme des Invalides et son émergence dans le champs perspectif va le dépasser d’environ un-tiers. Aussi la vision de ce monument historique perdra-t-elle beaucoup de son éclat. Avec la tour du Palais de justice et les tours à Masséna, la tour Triangle contribue à multiplier les déclassements de ce type.

Ainsi va-t-elle « poindre le bout de son nez » dans le panorama de l’esplanade des Invalides, vu depuis le quai Cours la Reine. Altérer ce site immaculé (à part la tour Montparnasse) est irresponsable vis à vis du classement des berges de la Seine au patrimoine mondial de l’UNESCO.

A l’heure où la Ville manifeste l’intention d’entamer une procédure pour que les toits de Paris bénéficient d’un tel classement, sa démarche consiste à faire l’inverse.

Les 17-18 novembre prochain, il faut que les élus du Conseil de Paris fassent échec à la tour Triangle.

 

Comments are closed.