Tour Triangle : le Commissaire enquêteur émet des réserves

Tour Triangle : le Commissaire enquêteur émet des réserves

L’enquête publique pour la révision du PLU, Plan local d’urbanisme, se terminait le 20 décembre 2011 et le commissaire enquêteur avait un mois et demi pour rendre son rapport. Le 2 avril 2012, il a émis trois réserves :

1 ) « La Ville de Paris doit obtenir, avant approbation de la révision simplifiée du PLU, un consensus des diverses parties prenantes à l’exploitation du Parc des expositions démontrant que le projet préserve la force du positionnement concurrentiel du site, en particulier au niveau européen »

2 ) « La réflexion globale sur le secteur Sud-Ouest doit montrer, avant l’approbation de la révision simplifiée, l’acceptabilité du cumul des projets en matière de transport et de circulation »

3 ) « Les études doivent être poursuivies pour apporter des réponses sur les impacts jugés négatifs du projet sur l’environnement et notamment les incidences des ombres portées sur les immeubles du boulevard Victor dans le cadre de l’étude d’impact liée au permis de construire ».

La presse accuse le coup
Pour la première fois, la presse commence à devenir sensible à nos arguments. Le Parisien et le Figaro signalent l’impact négatif que pourrait avoir la tour Triangle sur le Parc des expositions.

Où est l’intérêt général ?
La mairie n’est pas suffisamment crédible lorsqu’elle « confirme que l’objectif du projet Triangle est bien de conforter le rôle majeur du Parc des expositions de la Porte de Versailles dans l’organisation des foires et salons, à l’échelle européenne, en lui donnant une meilleure visibilité et en renforçant la mixité urbaine et l’attractivité de ce secteur».
Le Parc des exposition perd 7500 m2 avec l’emprise de la tour, sans compter la suppression d’une aire de dépose de taille équivalente. Il sera davantage coupé en deux, encombré, ce qui va compliquer les futurs réaménagements. Ceci est d’autant plus regrettable qu’il est plutôt à l’étroit et que certains salons ont du être transférés à Villepinte. Enfin, et surtout, le Hall 1 va être partiellement démoli alors que c’est le plus rentable. Il présente la particularité d’avoir peu de poteaux, un avantage appréciable pour le salon nautique, le salon de l’automobile, etc.
De toute évidence, Unibail pense à un bon coup financier et le Maire de Paris à une belle opération de communication. Où est l’intérêt général ?

La révision du PLU reportée
Coup de théâtre, le vote de la révision du PLU, prévu pour le conseil de Paris du 14 mai, est reporté au résultat d’un appel d’offres.
Anne Hidalgo se souvient soudain d’un vague projet de modernisation du site via une procédure de renouvellement du contrat d’occupation. S’ils signent le contrat, les partenaires, UNIBAIL et surtout la Chambre de commerce de Paris, acceptent implicitement la tour.

Circulation
En ce qui concerne la circulation, la Ville annonce qu’elle a déjà programmé une étude complémentaire. N’aurait-elle pas du le faire auparavant ?

Impact sur l’environnement du quartier
Enfin, le Commissaire enquêteur s’inquiète « des incidences des ombres portées sur les immeubles du boulevard Victor ». C’est vraiment minimiser l’atteinte à l’intérêt général ! La tour est disproportionnée, elle va marquer la physionomie de toute la partie sud du 15e, où sont présents nombre de beaux immeubles haussmanniens.
Notre capitale est la plus visitée au monde car, justement, elle n’est pas trop marquée par les tours. Doit-elle se banaliser comme la ville de Londres, devenue un melting-pot d’objets hétéroclites et de patrimoines déclassés ?

 

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