Tour Triangle : communiqué de presse du 12 juin 2008

Association Monts 14

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Communiqué de presse du 12 juin 2008

Bertrand Delanoë projette de construire des tours aux portes de Paris. Le sujet sera abordé lors du conseil de Paris du 8 juillet 2008.

Le but est-il de loger davantage de Parisiens ? La question n’est pas là, puisque la règle du prospect impose devant chaque façade, un vide proportionnel à sa hauteur. C’est la raison pour laquelle les tours n’apportent généralement pas de densité supplémentaire. La question est plutôt de savoir si l’on déroge à cette règle, c’est-à-dire si l’on entasse davantage les individus, auquel cas, il est nullement besoin de construire des tours.

Par ailleurs, les tours ne répondent absolument pas aux contraintes de l’écologie, elles sont chères à construire, coûteuses à entretenir, énergivores. En ce sens, elles s’adressent plutôt aux classes aisées. De plus, elles déstructurent la rue et le tissu urbain traditionnel.

Il ne s’agit pas « d’être bêtement pour ou contre » : il existe des tours splendides, notamment à La Défense. Il est cependant aberrant de poser une tour solitaire sans se préoccuper de l’urbanisme…  Les résidents jouissent d’une vue dégagée, certes, mais les riverains alentour sont gênés dans un large périmètre.

Et puis l’imaginaire des édiles parisiens ne parvient toujours pas à dépasser les bornes du périphérique. Après tout, ce sont les habitants des communes limitrophes qui vont pâtir de l’ombre portée. Et pourquoi est-on obligé de densifier à Paris ? Désormais, l’analyse doit être faite au niveau du Grand Paris !

Enfin, l’attractivité de l’Ile-de-France tient davantage à sa qualité de vie, à sa population cosmopolite et performante, à son offre culturelle, à son paysage urbain qu’à la présence de tours plus hautes que celles des métropoles « concurrentes ».

De toute évidence, l’ambition politique rejoint celle du « happy few » des architectes qui rivalisent pour ériger des tours sur leur renom. Implicitement démagogique, elle est servie par le préjugé selon lequel  » + de hauteur = + de logements  » et elle exploite l’angoisse de locataires qui, bien entendu, ne verront jamais la moindre retombée de ces exploits architecturaux.

Les Parisiens ont toujours exprimé leur refus des tours, lors de l’enquête par questionnaire du printemps 2004, comme aujourd’hui avec les sondages. Ils ont élu les socialistes sur le principe d’une limitation des hauteurs à 37 m. Ils se sentent aujourd’hui bafoués.

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