Révision du PLU 2005 : vote du 12 juin 2006, premiers constats

        Le COS passe de 3 à 4,2

En janvier 2005, les élus rejetaient le principe d’une augmentation du COS en bordure de voie. Ils votaient pour une légère diminution du COS. Un an et demi après, ils font l’inverse. Ils écoutent le Commissaire enquêteur plutôt que les 120 000 Parisiens qui s’étaient exprimés au printemps 2006.
Cette disposition ne figure pas dans le règlement du PLU. Elle est appliquée en sus du PLU, lors de l’instruction des permis de construire, à la suite d’une délibération du Conseil de Paris pour l’application de deux lois :
1°) la loi du 21 janvier 1995 qui autorise une hausse de 20% du COS pour le logement social
2°) la loi du 13 juillet 2005 qui autorise une hausse de 20% du COS pour les immeubles HQE.

        Contre la volonté des  Parisiens !
En 2004, lorsque le Maire de Paris avait envoyé aux Parisiens un questionnaire sur le PLU, 120 000 personnes avaient répondu et 93% avaient jugé important, voire très important, de préserver les petits immeubles des anciens villages de Paris. Un véritable plébiscite en faveur du patrimoine !
En 2005, lors de l’enquête publique sur le PLU, les Parisiens ont à nouveau émis de nombreuses demandes de préservation du patrimoine.
La Commission d’enquête n’en a absolument pas tenu compte, préconisant au contraire d’augmenter le COS de 20% pour les logements sociaux et de 20% pour les logements HQE, à « Haute qualité environnementale » soit 40% en tout. La Ville de Paris a suivi cet avis : l’avis de 20 personnes prévaut sur celui de 120 000 Parisiens !

    Tout pour densifier
En même temps, le nouveau PLU facilite la densification en cœur d’îlot : réduction des droits de vue, rehaussement des héberges, augmentation du gabarit. Il protége mal le patrimoine (les physionomies faubouriennes intéressantes) : les filets de hauteur sont privilégiés au lieu des volumétries existantes. Autrement dit, il faut « laisser évoluer le bâti », laisser les propriétaires défigurer, dénaturer peu à peu la physionomie des quartiers.
Les associations vont à nouveau être obligées de se battre dans des conditions hasardeuses pour empêcher des réalisations malheureuses.

    Une démagogie à courte vue
Plus de la moitié des Parisiens ne sont que locataires et s’inquiètent de la montée des prix de l’immobilier. Et les élus, anticipant cette préoccupation, lâchent le patrimoine. C’est prendre le risque de sacrifier l’avenir sans apporter de solution au présent.

    Cela ne permettra pas de loger davantage de Parisiens
Il faut combattre les idées fausses : les opérations de démolition-reconstruction à l’initiative de propriétaires privés ne permettront pas de loger davantage de Parisiens. Dans le 14e nous avons des exemples d’opérations ponctuelles visant à créer des appartements ou maisons particulières de plus de 200 m2, voire 550 m2 sur la place Denfert-Rochereau. Et les possibilités d’extension, surélévation ne permettent pratiquement jamais de créer des logements supplémentaires : elles permettent seulement à des personnes très riches d’avoir davantage d’espace…
Dans le 14e, les bâtiments visés par l’augmentation du COS se trouvent dans le quartier  le plus populaire. Paradoxalement, cela contribuera à chasser ce qui reste des milieux populaires du 14e, au profit des milieux les plus aisés.

    Sacrifier le patrimoine, c’est sacrifier l’avenir !
Le tissu urbain faubourien datant du 19e siècle contribue à faire le charme de Paris, à en faire  l’une des villes les plus visitées au monde. C’est une chance pour l’avenir, le tourisme étant appelé à se développer de plus en plus dans les siècles futurs. Déjà, aujourd’hui, près de 10% des nouvelles offres d’emploi dans la capitale sont liées au tourisme. Le patrimoine, c’est l’avenir de nos enfants !

Le PLU voté le 12 juin est décevant, il est l’expression d’une démagogie à courte vue, qui ne respecte pas la volonté des Parisiens et sacrifie l’avenir.

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