Débat sur la voiture

La canicule de l’été 2003 a attiré l’attention sur l’effet de serre qui menace la planète, dont la voiture est en partie responsable. Comment réduire la place de la voiture à Paris ? La politique actuelle de la municipalité consiste à supprimer des axes de circulation. Mais l’expérience du Quartier Vert en a montré les effets pervers. Dans ses colonnes, le journal Monts 14 propose d’en débattre.

Les associations et le Quartier Vert du 14e

Pour connaître les associations et leurs positions, aller à Quartier Vert.

Taxes sur les routes nationales

En Allemagne et en Suisse sont apparues des taxes « à l’essieu » pour les poids lourds. Cette taxe, qui tend à se généraliser, n’est pas encore appliquée aux voitures. Cependant, la taxe sur le diesel vient d’être augmentée.

Proposition de Monts 14 : un parking géant à la Porte d’Orléans

Dans le journal Monts 14 n° 17, l’association propose la création d’un parking géant à la Porte d’Orléans. Le stade Elisabeth a une emprise totale de 3,5 hectares d’un seul tenant. Sa situation, près du parking municipal existant, qui se trouve sous la statue du Général Leclerc, permettrait d’avoir une entrée commune par l’avenue de la Porte d’Orléans. Des accès directs depuis le périphérique ou depuis le boulevard Jourdan seraient efficaces.

Actuellement, les tarifs du parking municipal sous la statue du Général sont de 1€ la 1/2 h, 1€80 l’heure et de 15€ les 24h. Ils ne sont apparemment pas suffisamment attractifs pour les usagers.

Les observations des habitants suite aux derniers changements de sens de circulation

 » J’habite au n° 13, rue Ducouédic. Après les nouveaux changements de sens, je ne peux plus aller à mon box au n° 29, avenue du Général Leclerc, sauf à refaire le tour par la rue Hallé, l’avenue René Coty, la rue d’Alésia et l’avenue du Général Leclerc !
Proposition : remettre le tronçon de la rue Hallé situé entre la rue Ducouédic et la rue Rémy Dumoncel dans l’autre sens (c’est-à-dire de rue Ducouédic vers rue Rémy Dumoncel). « 

 » Les sens-uniques autour de la rue Sarrette nous piègent comme des rats ! Nous avons deux personnes handicapées et n’avons plus d’alternatives pour rejoindre le périphérique sans tomber dans les embouteillages. « 

 » Pour rejoindre mon parking, depuis le boulevard Jourdan, je suis obligé de passer par l’avenue du Général Leclerc, la rue d’Alésia jusqu’au carrefour de la Tombe-Issoire. Je mets 20 mn au lieu de 5 mn. C’est aberrant et cela ne va pas faire baisser la pollution. « 

 » Ces sens interdits sont des contresens, des non-sens, témoins d’un manque de bon sens : prise de sens interdits par les autos et motos, circulation sur les trottoirs des vélos et motos, augmentation de la pollution, vitesse très au-delà de 30 km/h, etc. « 

 » Réserver l’accès au quartier pour les résidents sur la voie de bus de la rue de la Tombe-Issoire avec des cartes spéciales à octroyer et repenser les derniers aménagements imbéciles de la circulation. « 

 » Pas assez de surveillance policière avenue Reille vers Coty. Les automobilistes ne sont pas respectueux. « 

Le péage à Londres

Les automobilistes peuvent difficilement stationner dans le centre de Londres. Les parkings souterrains sont rares et chers. Le prix moyen des parcmètres est de 2£ (20F) de l’heure. Les infractions sont sévèrement sanctionnées. De plus, depuis 5 à 10 ans, le conseil municipal délimite des « zones », de la taille d’un quartier, où les résidents ont droit à des places réservées interdites aux autres véhicules, signalées par des plaques sur des poteaux sur lesquelles figure le numéro de la zone. Les habitants achètent une sorte de vignette à mettre sur le pare-brise, où ce numéro figure en évidence. Cette vignette coûte 20£/an, mais dans les quartiers de Chelsea et Kensington, plus huppés et plus proches du centre, la taxe monte à 60 £/an. A Londres, contrairement à Paris, le pavillon ou cottage est un type d’habitat résidentiel très courant, même en plein centre. En pratique, cette disposition permet donc d’avoir un parking gratuit personnel devant chez soi ; ce sont les banlieusards en mal de stationnement au centre de Londres qui sont visés.

Malgré ce dispositif, les autorités ne parviennent pas à bout de la congestion de la circulation automobile ; la vitesse du trafic est en moyenne de 16 km/h.

Entrée de Londres payante en 2003

K. Livingstone, Maire de Londres, a donc décidé de prendre une mesure encore plus draconienne, à savoir un péage pour entrer dans le centre de la capitale. La superficie du « Secteur payant » est de 21 km2, soit à peu près la moitié de la superficie de Paris. De 7h à 19h, les automobilistes doivent débourser 5£ (50F) pour aller dans cette partie de la Ville.

Les personnes qui y habitent ont droit à un rabais de 90%. Il y a de nombreux cas d’exemption : ambulances, autobus, taxis… et même motos et mobylettes. Le but est moins la pollution que l’engorgement des voies de circulation. Enfin, des rabais sont possibles au cas par cas, pour certaines catégories de travailleurs aux bas salaires (agents hospitaliers, éducateurs…), pour les handicapés, etc.

Une technique déjà utilisée

Des péages pour les grandes artères des villes existaient déjà depuis 1980 en Norvège (à Oslo et à Bergen). Le système du disque électronique a été expérimenté avec succès à Hong Kong en 1985 durant quelques années, mais c’est à Singapour qu’il a été véritablement mis en place pour la première fois, pour inciter à contourner le centre de la Ville. Si l’on passe un portail muni « d’yeux électroniques » sans son disque, un bruit se déclenche et l’on doit acquitter une contravention ou racheter un nouveau disque.

Ce système est utilisé à Londres. Il y a une surveillance par des caméras mobiles et fixes et par des surveillants à pied. La contravention est de 80£ (800F).

Renforcement des transports en commun

Le service des autobus et leur priorité aux carrefours sont renforcés. Le recrutement des chauffeurs est favorisé par une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail. Un système équivalent à notre carte orange est mis en place.

Les Londoniens acceptent ces mesures

Le public a conscience d’un état de la circulation qui frise l’apoplexie. Ils se rendent compte que passer des heures stressantes dans les embouteillages nuit à la qualité de leur vie (et de leur portefeuille) et que, si rien n’est fait, dans quelques années, ils ne pourront plus du tout circuler.

Le peuple Anglais étant plus discipliné que d’autres – les Français en particulier – accepte ce projet par la force des choses et pour le bien commun, même si tous ne le trouvent pas forcément plaisant.

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