PLU 2005 : automne 2003, Delanoë change de cap

 

Delanoë veut construire des tours

Début octobre, avec une habileté consommée, Bertrand Delanoë lance le pavé dans la mare, sans trop y croire. Pour faire pencher la balance en faveur des tours, il peut compter sur les conférences du Pavillon de l’Arsenal, fréquentées assidûment par les étudiants en architecture. En invitant les plus grands architectes Français, il est sûr de faire salle pleine avec un public conquis à l’avance. Jean-Pierre Caffet en conclut prématurément « Personne n’est contre ».

La réaction ne se fait pas attendre : avec une belle unanimité, les élus de tous bords votent un moratoire, lors de la séance du 25 novembre du Conseil de Paris, pour que « le prochain PLU respecte la servitude existante de limitation du plafond Parisien à 37m ».

Mais, il y a pire. Personne ne prête attention à diverses propositions qui tendent éliminer les vestiges des anciens tissus de faubourg.

Densification à outrance

Le 5 novembre, lors d’une réunion à l’Hôtel de Ville, le responsable de la mission PLU annonce que le COS, Coefficient d’Occupation des Sols, sera porté à 4 au lieu de 3 dans la zone des 15 m en bordure de voie. L’ancien COS correspondait à des immeubles de 3 à 4 étages sur les parcelles peu profondes. En le faisant passer à 4, la hauteur peut passer à 5-6 étages. Dans les trames urbaines constituées de voies qui se succèdent à intervalles très rapprochés, il en résulte une très forte densification.

Ensuite, des parcelles sont teintées en bleu avec la mention L25 (obligation de construire 25% de logements sociaux). Il s’agit a fortiori de terrains peu densifiés, possédés par un seul propriétaire ou deux au maximum. Cela revient à montrer aux promoteurs quelles sont les opérations spéculatives à effectuer. C’est une incitation à la démolition du bâti existant.

De plus, le COS ne pénalise plus la construction de bureaux. Désormais, pour 100 m2 de terrain, on pourra construire 100 m2 de bureaux et rentabiliser l’opération en ajoutant 200 m2 de logements, ce qui n’était pas possible auparavant.

Enfin, sauf dans le quartier Daguerre, la Ville refuse de donner suite aux demandes de préservation d’immeubles de faubourg. Tout au plus apparaît la mention « élément signalé » qui n’a aucune valeur sur le plan juridique.

 

 

 

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