Lycée Raspail

Le point de rencontre du boulevard Raspail, du boulevard Edgar Quinet et de la rue Campagne Première est l’un des derniers grands sites du 14e encore vierge de toute construction incongrue.A ce niveau du boulevard Raspail, l’environnement est haussmannien avec des immeubles 1900 en pierre de taille de très bonne facture, notamment celui du n° 229, tout en courbure, pour respecter un arbre à l’origine et s’adapter à une parcelle de terrain peu commode. Au débouché de la rue Campagne Première, la façade en grès flammé de l’immeuble du 31-31 bis où vécut Man Ray est classée à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH). Cette rue est la mémoire du Montparnasse des années 30 avec l’hôtel Istria, au n° 29, fréquenté par Kisling, Picabia, Duchamp, mais aussi Kiki, Rilke, Satie, Maïakovski, Tzara et encore Eisa et Aragon qui y ont connu une idylle célèbre. Toujours dans cette rue, se trouvent des centaines d’ateliers d’artistes, notamment au n° 9 où ont vécu Othon Friesz, De Chirico, Rilke, Joyce…

        En 1998, lorsque la Région Ile-de-France décide de construire le lycée hôtelier Jean-Carré à l’emplacement de l’ancien lycée technique Raspail, à l’angle de la rue Campagne Première, l’association Monts 14 demande à la Ville et à la Région de consulter les habitants. Notamment, la couleur rouge des matériaux, côté rue Campagne Première, est un sujet d’inquiétude. L’aspect répétitif, monocorde des ouvertures ne paraît pas non plus en accord avec l’esthétique environnante. Cependant, l’architecte accepte de retoucher quelque peu son projet, de prendre d’autres matériaux et d’autres coloris…

        Une association dépose un recours et le procès dure 3 ans, au terme desquels le permis est annulé. En 2003, la Région dépose le même projet avec quelques arbres en plus. Les associations SPPEF (Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France), Paris historique, SOS Paris, Quartiers Mouffetard et bords de Seine et Monts 14 déposent un recours gracieux.

        Recours contentieux
        Après avoir beaucoup hésité, l’association Monts 14 s’est décidée, cette fois, . Certes, il est souhaitable de donner aux architectes un espace de liberté de création architecturale, mais ceci doit-il se faire au détriment d’un site remarquable ? N’est-il pas souhaitable que l’on trouve le chemin d’un art qui concilie modernité et environnement ?

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