La fonderie d’art Max Le Verrier

max_le_verrierA l’occasion de son inventaire du patrimoine de l’arrondissement, l’association Monts 14 avait identifié l’atelier de fonderie d’art de Max Le Verrier, au n° 30 de la rue Deparcieux, comme un exemple remarquable du tissus faubourien de petites entreprises artisanales qui, depuis la fin du XIXe siècle, fait partie de la tradition du quartier Daguerre.

La physionomie Art-déco de la fonderie d'art Max Le Verrier

La physionomie Art-déco de la fonderie d’art Max Le Verrier

Malheureusement, à la suite de la mort du fils de Max Le Verrier durant l’été 1996, les héritiers ont vendu l’atelier à un promoteur. La société « Pitch promotion » s’est montrée immédiatement intéressée pour y construire 1 440 m2 de logements. Au début du mois de septembre 1996, le gérant de la société Max Le Verrier était prié de quitter les lieux et des demandes de permis de démolir et construire étaient déposées. Le Maire d’arrondissement a formulé un avis défavorable pour la disparition de cette activité artisanale, de ce lieu de mémoire, où se sont en outre produits des faits de Résistance. L’Architecte des Bâtiments de France a quant à lui demandé que soit préservé un pavillon situé à gauche de l’entrée, qui présentait un certain intérêt pour son style Art-Déco. Le permis de construire a donc été refusé en l’état par les services de la ville de Paris du boulevard Morland. L’activité artisanale était toutefois perdue pour le quartier.

L’association Monts 14 est donc entrée en relation avec le promoteur et lui a demandé de réaliser une façade Art-Déco, dans le style de l’ancien atelier, et surtout de permettre à la société Max Le Verrier de poursuivre son activité in situ. Le style architectural pouvait être imité. L’activité nécessitait 100 m2 de locaux artisanaux en rez-de-chaussée, plus 50 m2 de caves pour la fonderie et la conservation des moules. L’association a demandé en outre qu’un bail de 30 ans à loyer modéré soit accordé au gérant actuel de la petite entreprise. Soucieux d’éviter un tollé dans le quartier et un recours auprès du tribunal administratif, le promoteur a consenti à satisfaire ces propositions.

Malheureusement, la fonderie n’est jamais revenue. En guise de consolation, le local qui lui était destiné est occupé aujourd’hui par un groupe d’artistes.

Max Le Verrier (1891-1973)

Né en 1891, Max Le Verrier doit attendre la fin de la Seconde guerre mondiale avant de se consacrer à son art. Après des études à l’école des beaux-arts de Genève, ses premières sculptures d’animaux puis de danseuses Art Déco connaissent rapidement le succès. C’est en 1928 qu’il réalise sa célèbre « Clarté » ou « femme à la boule de lumière » (voir ci-contre), dont deux exemplaires peuvent être admirés dans le grand salon de l’hôtel Lutétia.

Sculpteur, mais aussi homme d’affaires, il crée en 1926 une société afin d’assurer son indépendance économique. La société fabrique (fonte, ciselure, patine) et distribue non seulement ses propres oeuvres, mais aussi celles d’autres sculpteurs : Le Faguays, Guerbe, Fayral, Bouraine, etc.

Pendant l’Occupation, l’atelier de la rue Deparcieux sert de cache et de boîte à lettres à la Résistance. Arrêté par la milice en 1944, Max Le Verrier doit son salut au respect qu’inspirent aux Allemands ses combats aériens pendant la Grande guerre.

A la Libération, sa sculpture s’inspire surtout de l’Antiquité : héros grecs, amazones, athlètes, etc. Il crée de nouveaux modèles d’animaux jusqu’à sa mort, en juin 1973. La société Max Le Verrier est alors reprise par ses fils, puis, à la mort du second d’entre eux, par un gérant.

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