Préserver les espaces verts

Les EVIP

Les EVIP, Espaces verts intérieurs protégés, étaient une « exception parisienne ». Le code de l’urbanisme ne prévoyait pas en effet de moyens de coercition sur des bases précises pour faire respecter le classement d’espaces libres ou jardins en EVIP.
Ainsi la Ville de Paris a-t-elle été déboutée d’une action en justice pour faire respecter le jardin du Quai Branly.

Révision du PLU de Paris 2005-2006

La loi SRU facilite le classement fin des espaces verts. S’inspirant des anciens POS de quartier, la Ville différencie les classements en :
– EAL, Espace à libérer, imposant la destruction de constructions adventices
– ELP, Espace libre protégé (espace minéralisé)
– EVC, Espace vert à créer
– EVP, Espace vert protégé

Les EVIP parisiens sont tous reclassés en EVP, ELP, etc.

L’ancien classement en EVIP prêtait à confusion. Ainsi à Sainte-Anne, le décompte des espaces verts n’était pas le même selon que des surfaces bitumées étaient ou non incluses. Et la direction de l’hôpital a considérablement réduit les surfaces végétalisées sans que nous parvenions à l’en empêcher.
Cependant, le moyen de coercition continue de faire défaut pour les propriétaires qui ne respectent pas les classements.

Autres détails, l’obligation d’espaces libres porte sur la zone au-delà de 15 m de profondeur au lieu de 20 m. Les espaces libres entièrement sur dalle ne sont plus autorisés. L’obligation de pleine terre est de 20%, voire 30 à 35% dans les secteurs de mise en valeur du végétal.

Les espaces verts de Sainte-Anne

Les façades et toitures de l’hôpital Sainte-Anne sont classés à l’ISMH et ses espaces libres et jardins ont été répertoriées en EVIP dès l’apparition de cette forme de protection dans le POS de 1977. Avec 71 000 m2, il s’agit du plus grand EVIP de Paris. Malheureusement, la direction de l’établissement a toujours cherché à en atténuer la portée en ajoutant des constructions, en créant des parkings…   plus de 10 000 m2 ont disparu au fil des années. Ainsi, en 1996, l’association Monts 14 s’est mobilisée à cause du bitumage d’un terrain de 5 000 m2 autrefois consacré aux cultures florales et potagères le long de la rue de la Santé.

La Révision du PLU est une occasion unique d’obtenir la restitution des espaces verts supprimés. Unilatéralement, la direction de Sainte-Anne, a proposé une définition de l’EVIP tout à son avantage, lui permettant de mener 6 grands projets de construction, dans le cadre d’un schéma de développement jusqu’à 2015. Elle s’est adressée au cabinet « Architecture Studio » pour donner au volet paysager une allure séduisante. Tellement séduisante que Castagnou et Blisko lui ont donné leur feu vert sans prendre le temps de concerter avec l’association Monts 14 pour mieux cerner l’EVIP et aboutir à une définition correcte, tenant compte de ce qu’il était à l’origine. 

Certains parkings disparaissent, certes, mais le compte n’y est pas. Des espaces excentrés, dénués de charme, comme l’entrée de l’antenne de police de la rue Cabanis, sont comptabilisés dans les espaces verts.

Résultat, la direction vient de raser un joli pavillon entouré d’un jardin, le long de la rue Cabanis, pour mettre à la place un bâtiment hypermoderne destiné à la Fédération hospitalière de France, que Claude Evin juge trop à l’étroit dans ses locaux du 13e. L’association Monts 14 et les riverains ont lancé une pétition pour s’y opposer et ont déposé un recours qui n’a pas abouti. Ils dénoncent en même temps les autres projets « dans le tunnel » le long de la rue de la Santé, à l’angle des rues Broussais et Cabanis, etc.