La révision du PLU de 2005

Le PLU actuel n’est que l’ancien POS qui avait besoin d’être mis en conformité avec la loi SRU*, apparue en décembre 2000.

La procédure est lancée en mars 2002, le déroulement prévu est classique : diagnostic en 2002, PADD en 2003, règlement en 2003-2004. Les débuts sont hésitants, la concertation n’est qu’apparente.
En 2003, l’élaboration du règlement doit prendre en compte les nouvelles possibilités de protection patrimoniale offertes par la loi SRU. Mais, passer au peigne-fin un quartier prend énormément de temps. L’établissement d’un POS fin pour le faubourg Saint-Antoine avait duré plus d’un an. Les Conseils de quartier sont « à côté de la plaque ». La tâche paraît insurmontable. Deux fonctionnaires passent alors en revue les images des rues de Paris, stockées dans l’annuaire de la Poste, derrière l’écran de leur ordinateur, sans connaître l’histoire du quartier, en laissant aux propriétaires une « marge d’évolution » avec des filets de hauteur peu protecteurs. Autrement dit, un travail essentiel est bâclé.

Le feuilleton de la Révision du PLU

Dès le début du lancement de la procédure de révision du PLU, Monts 14 prend position pour la préservation du patrimoine.

A l’été 2003, la révision du PLU semble aller dans le bon sens.

Mais, à l’automne 2003, la Ville commence à changer de cap : B. Delanoë veut   densifier, construire des tours.

Début 2004, devant le tollé général, B. Delanoë bat en retraite. Il lance un questionnaire auquel répondent 120 000 Parisiens : le résultat est un raz-de-marée en   faveur du patrimoine !

Cependant, à l’automne 2004, apparaissent de nouvelles dispositions facilitant la densification en coeur d’îlot.

Puis, fin 2004, c’est la catastrophe : B. Delanoë ne tient pas compte de l’avis des Parisiens, le journal Monts 14 n° 23 titre « Delanoë vous berne« .
L’association écrit une lettre au maire de Paris et demande aux élus de tous bords de déposer des   amendements.

Enfin, l’enquête publique sur la révision du PLU a lieu du 31 mai au 13 juillet 2005.   L’association Monts 14 informe les habitants : elle organise des réunions publiques, elle propose des promenades à pied et à bicyclette.

Cependant, au même moment, B. Delanoë lance une grande campagne médiatique pour que les Jeux Olympiques se déroulent à Paris. Trop heureux de l’aubaine, les médias se jettent dessus et passent sous silence l’enquête publique.

Environ 3000 à 5000 Parisiens se déplacent, mais 1700 observations seulement portent sur le PLU proprement dit. La Commission d’enquête, dirigée par un général de gendarmerie, fait un rapport scandaleux : elle préconise une hausse du COS, l’abandon de la limite des 37 m de hauteur, etc.

Au final, les Parisiens sont floués sans le savoir.

La concertation

Dès le 15 avril 2002, l’association tenait une réunion publique au cinéma l’Entrepôt pour informer les habitants du 14e, en présence du directeur de l’APUR. Celui-ci présentait un dossier volumineux avec une multitude de chiffres sur la population, l’emploi… état des lieux incluant la circulation, les zones de commerce et d’activités ainsi qu’une   rétrospective historique de l’urbanisation des arrondissements.

Dans le cadre de la « Concertation préalable », la mairie du 14 a tenu une réunion publique le 6 mars 2002, puis un groupe de travail s’est réuni les 8 avril, 29 mai et 19juin 2002, dont les réflexions peinaient à rentrer dans le vif du sujet. Le projet de diagnostic   aurait du être présenté à la rentrée mais B. Delanoë décidait de repartir à zéro en faisant tout passer par les Conseils de quartier. La mode étant aux « post-it », les habitants étaient invités à donner leur avis sur tout et rien. Au printemps 2003 il n’en était toujours rien résulté si bien que, pour le Diagnostic, l’APUR s’en tient au document présenté le 15 avril 2002 à la réunion publique de Monts14.

Le PADD aurait peut-être pu s’inspirer des remontées des Conseils de quartier. A leur insu, était discutée fin janvier 2003 au Conseil de Paris une communication sur les orientations du PADD

Pour l’établissement du Règlement proprement dit, les Conseils de quartiers n’étaient pas prêts à changer d’optique. Lorsqu’ils n’étaient pas conseillés par les associations de sauvegarde du patrimoine, ils n’avaient aucune observation à faire. En revanche, quelques associations, dont Monts14, ont fourni des listes de lieux à préserver et sont intervenues dans le cadre des réunions du groupe de travail PLU à l’Hôtel de Ville.

Bref la nouvelle procédure de concertation préalable faisant appel aux Conseils de quartier est un peu de la « poudre aux   yeux ». Elle n’a pas changé grand chose quand au fond. Le travail de réflexion est mené dans les arcanes de l’Hôtel de Ville sans que le public en soit averti.