Urbanisme et patrimoine

L’uniformisation par le béton
L’association a été fondée en 1996 sur la base d’un constat : depuis les années 60, beaucoup d’immeubles aux proportions massives et à l’architecture médiocre ont remplacé des bâtiments anciens d’un charme bien supérieur. Nous en avons un exemple dans le 14e où, en 1995, 60 % des immeubles avaient moins de 35 ans. Ce processus de destruction et d’uniformisation se poursuivait encore dans tout Paris à la fin des années 1990.

La Modification du POS de l’an 2000
Les premières actions de Monts 14 étaient en réaction aux opérations immobilières
. Mais, pour être crédibles, elles devaient s’accompagner d’un inventaire du patrimoine. Celui-ci a débouché sur le publication du livre Le 14e : quête d’un patrimoine menacé. Cependant, l’action en amont est beaucoup plus efficace que les recours juridiques en aval. Aussi la modification du POS du 14e en l’an 2000 a-t-elle été une grande victoire de Monts 14.
A vrai dire, la détente observée sur le marché du logement était propice à « l’urbanisme à visage humain » de J. Tibéri et aux dispositions de la loi SRU en faveur du patrimoine.

La Révision du PLU de 2005
Lors de la Révision du PLU de 2005, tous ces acquis allaient être remis en cause par la flambée des prix de l’immobilier. Début 2003, la concertation avec la Ville avait pourtant bien commencé. Malheureusement, dès l’automne, B. Delanoë change de cap, il veut construire des tours, densifier. L’inventaire du patrimoine est bâclé courant 2004. L’association Monts 14 doit se livrer à un lobbying intense, de dernière minute, pour que la modification du POS de l’an 2000 soit concrétisée par des VEC* lors de la délibération du Conseil de Paris de janvier 2005.

L’abandon du patrimoine et la limitation du droit des associations
Dans les années 2000, la lutte pour le logement et les impératifs écologiques passent peu à peu au premier plan dans les préoccupations de la classe politique. La protection du patrimoine est considérée comme un obstacle à contourner et le droit des associations à aller en justice est de plus en plus restreint.

B. Delanoë veut changer la physionomie de Paris
Enfin, en 2008, B. Delanoë décide de changer la physionomie de Paris. Il veut des tours, multiplier les dérogations à la règle des gabarits dans la capitale. Il veut une modernité tonitruante,  en rupture par rapport au contexte, un virage à 180° par rapport au principe de l’intégration dans le paysage urbain.

Vers une nouvelle modernité ?
La querelle entre les anciens et les modernes est éternelle. Mais la perte des proportions entraîne la perte des sens…   si bien que les excès actuels amènent de nouvelles réflexions.