Réflexions sur l’architecture

 

Modernité et création architurale

Les analyses du journal Monts 14

De la musique à l’architecture

Pour des sensations dans l’architecture

Un revêtement de bois inutile au 10, rue des Plantes…   5-7, rue du Commandeur, un charme cassé par un promoteur

Trois architectes dans leur modernité…   L’opération de la RATP à la Porte d’Orléans…  Surplomb, rue du Chevaleret  Modification du PLU…

Surélévation cube au 7, rue Delbet

Le Concombre masqué frappe à nouveau dans le 18e (à l’angle des rues du Nord et Boinod)…   La Ville oblige le promoteur à « une animation moderne » au 26, rue de la Tombe-Issoire… Le 22, rue Thibouméry.

Au nom du concept de Karim Basbous

Dimension humaine, pour l’intelligence des proportions ,       La perte des sens de  Ivan Illich

Les containers de Chemetov, Ameller-Dubois, Guthman,Reynier-Seher

Le patronage laïque au 72, avenue Félix-Faure…   Un épouvantail à la Porte d’Orléans…

Frédéric Edelmann ou la voix de son maître ?

Le « rideau de douche » de la Samaritaine, l’architecture « tire la langue ».

Edelmann, Le Monde et le 72, rue Doudeauville

Un « crane chauve luisant » édifié au 111-117, rue de Sèvres devant l’hôtel de Choiseul-Praslin classé monument historique.

Les pastiches….     Concours d’horreurs au Pavillon de l’Arsenal

A la quête…   d’une néo-renaissance architecturale

 

L’intelligence des sens : Monts 14 n° 36, n° 44, n° 45, n° 48 et n° 52

Nos critiques d’architectures sont toujours parties d’un ressenti : sont-elles pour autant subjectives ? Les architectes de la Renaissance se sont intéressés à l’art classique à cause d’une intelligence des proportions…   basée sur le sens de la vue !
Ivan Illich, dans La perte des sens (éd. Fayard 2004), analyse le rôle de la formation aux proportions dans la civilisation grecque au IIIe siècle avant Jésus-Christ.
Lors d’un débat organisé par Monts 14, un architecte, A. Beckmann insiste lourdement sur le thème « Comment juger des goûts et des couleurs ? ». Un an après, l’Académie de l’architecture lance une pétition…    qui sous-entend que l’appréciation de l’esthétique est forcément subjective !
Thierry Paquot, au contraire, prône un urbanisme sensoriel.

La sensibilité est subjective. Paradoxalement, elle conduit aux mathématiques, la discipline rigoureuse par excellence.  C’est Pythagore qui, se fiant à son ouïe, inventa les premières gammes de musique. Et les Grecs ont eu une intelligence de la perspective grâce à leur oeil. Il en est résulté la géométrie Euclidienne qui a posé les premiers jalons des mathématiques.
Et l’art de l’architecture, qu’est-ce, au fond. Une musique de la spatialité ?

 

L’urbanisme, c’est notre affaire ! de Thierry Paquot

Dans cet ouvrage (lib. L’Atalante, 2010), il remarque que la civilisation perd ses racines traditionnelles, sa culture classique et se mondialise…   la perte du « vivre ensemble »…   « les villageois sont souvent dans une situation d’autodénigrement »…   Il prône un urbanisme sensoriel. Il décline les cinq sens (il y en a bien d’autres). Il prône la « cosmosisation » des humains, ne plus opposer dehors-dedans. L’architecture est comme une « relation en suspension ».
Patrice Maire lui répond : « Les sens, c’est l’intelligence »

Monts 14 n° 48

L’Académie d’architecture s’est alarmée de l’annulation du permis de construire de la Samaritaine. Elle a lancé une pétition…   car, tenir compte des sens, c’est faire preuve de subjectivité !
En réponse, Monts 14 publie un Communiqué de presse sur le thème de l’obscurantisme : L’architecture officielle au secours de la Samaritaine…

 

Karim Basbous et le jeu du Pictionary

Karim Basbous est rédacteur en chef de la revue Le Visiteur de la SFA (Société française des architectes). Dans l’article Au nom du concept , il fait un parallèle entre la création architecturale contemporaine et le jeu du Pictionary consistant à identifier un mot à partir de figures tracées par un dessinateur. A cette différence près que le concept importe davantage à l’architecte que sa traduction.
Dans Le monocle et le kaléïdoscope, il fait une fine analyse de la différence entre une pratique de l’architecture classique « affaire de mesure….   déroulé d’espace-temps…   partition…   l’unité du tout repose sur une relation de proportions entre les parties… » et une pratique moderne où la figuration d’un mot devient une fin (comme les livres ouverts de la BNF de Dominique Perrault par exemple). La modernité actuelle ne lui paraît pas recevable car elle perd de vue l’homme.

La perte des sens de  Ivan Illich

Dans cet ouvrage (éd. Fayard 2004), Ivan Illich explique que la musique formait à l’art de la proportionnalité.
L’esprit grec reposait sur deux bases, la propriété dans l’expression (l’intonation, le rythme, la coutume, etc. ) et le ton comme ana-logia, proportion ou ratio…

 

Sens des proportions et harmonie

Le travail mené pour le hors-série Le langage architectural au temps d’Haussmann laisse entrevoir une nouvelle piste, celle des proportions, pour mieux comprendre les différences entre modernités. L’idéal de beauté incarné par les monuments antiques témoigne d’une culture artistique basée sur le sens des proportions, de l’harmonie, pour la musique comme pour l’architecture…    au 5e siècle avant Jésus-Christ !
La quête des anciens n’a rien perdu de son actualité puisque, justement, la créativité d’aujourd’hui va à l’inverse de cette démarche, elle se coupe de l’existant. Elle aboutit à une juxtaposition d’expressions, à une perte du sens de la ville. Si l’on fait un parallèle avec les comportements humains, se proportionner aux autres a plus de valeur que de se couper des autres.

 

Le langage architectural au temps d’Haussmann

A trop rejeter le passé, les architectes d’aujourd’hui peinent à renouveler leur art. Cette culture perdue, ils peuvent la retrouver dans la Renaissance à Florence au XVe siècle.
Un renouveau d’humanisme place l’homme en harmonie avec lui-même et avec le cosmos (voir Monts 14 n° 44, n° 45 et n° 46). Apparaît une intelligence des sens. Brunelleschi découvre la perspective. Sa quête de la spatialité apporte des sensations nouvelles en architecture.

 

Les propositions de Monts 14 en matière d’urbanisme et d’architecture

Notre critique des opérations d’aménagement à Paris porte sur la disparition du sens de la ville. Les rues disparaissent, remplacées par de gros blocs.  En octobre 2009, Monts 14 montre comment reconstruire le quartier de la Porte de Vanves et lui donner une physionomie similaire à celle du Plessis-Robinson ; elle réitère en 2014 à l’occasion des municipales. se caractérisent. A Broussais, avec notre dessin,  les habitants auraient bénéficié d’un cadre de vie plus agréable, avec des cours privatives et un coeur d’îlot. Et, aux Batignolles, l’ordonnancement des immeubles aurait pu être majestueux au lieu d’être disparate.

Monts 14 n’a guère proposé de modèles en matière d’architecture moderne. Toutefois, avoir une vision de la la ville peut conduire à adopter des signes architecturaux, tels les cordons horizontaux qui soulignent les lignes de fuite.

 

Les pastiches

A la moindre reproduction d’éléments de modénature haussmannienne, beaucoup réagissent avec le mot « pastiche », dans un sens péjoratif. Les pastiches sont parfois horribles, tels ces murs penchés en guise de toit, fréquents parmi les modernités hidalgoliennes. Au contraire, reproduire une forme emblématique peut « magnifier » un bâtiment. Le symbole du temple, ornement volontiers utilisé par Michel-Ange, a été très prisé durant des siècles. Ce sujet a été traité dans Monts 14 n° 36 p. 4, n° 46 p. 9,

 

Les surélévations « cube », les surplombs

Les surélévations prennent systématiquement la forme d’un grand cube noirâtre comme au 22, rue Thibouméry, au 7, rue Delbet, et, bientôt, au 26, rue de la Tombe-Issoire…   sous la pression de la Ville !

Les surplombs ont valeur de création. On se demande pourquoi ! Quel intérêt y a-t-il à la sensation du vide en-dessous de ses pieds à longueur d’année ?

 

Le cube et la mode des containers

Vers 2009 sont apparus les containers recyclés en logement. « Moi, j’habite dans un container » vantait une publicité en 2014. Du coup, dans le projet du patronage laïque, au 72, avenue Félix-Faure, le soin apporté à la modénature disparaît complétement. Chemetov, Ameller-Dubois mettent des containers dans la ZAC Boucicaut.
Logiquement, cela revient à réduire l’espace au cube.  Au, 43, rue Desnouettes, d’ailleurs, les cubes sont encastrés les uns dans les autres et de couleur vert-pomme : pourquoi cette gymnastique ?
Cette tendance va perdurer. Elle se conjugue avec des encadrés très proéminents comme pour l’épouvantail de la Porte d’Orléans ou bien le bâtiment Ameller-Dubois à Boucicaut. Trois projets de type « cubes qui rentrent et qui sortent » sont en train d’apparaître au 73-89, boulevard Bessières (23 projets « Réinventer Paris), au 115, boulevard Saint-Michel et au Centre commercial Gaîté.

L’intégration dans le paysage

Le principe de l’intégration des nouvelles constructions dans le paysage était, depuis toujours, fondamental dans le code l’urbanisme.
Pourtant, le 30 octobre 2010, le journaliste référent du journal Le Monde se réjouit « d’une création architecturale de qualité au 72, rue Doudeauville ». Il n’a pas vu qu’un carrefour parisien de grande qualité, à proximité de la Butte Montmartre, a été saccagé.

Le respect des abords des monuments historiques

« Classer un monument historique, c’est classer ses abords » disait Charles Bourély, ex-conservateur en chef de la ville de Paris. Le nouveau siège de la banque de La Poste, au 111-117, rue de Sèvres, comme un « crane chauve luisant » devant l’hôtel de Choiseul-Praslin classé monument historique est donc particulièrement choquant.

 

Le ressenti « à la vue de la chose »

A partir de 2009, nous allons de surprise en surprise dans le 14e, une maison en tôle ondulée proposée par une étudiante au 8, rue de la Gaîté, un jeu de cubes pour une crèche au 38-40, rue Liancourt, une pingrerie incroyable de l’OPAC au 13-15, rue de Plaisance.
Au Pavillon de l’Arsenal, les appels d’offre de la Ville sont devenus  un concours d’horreurs. Les nouveaux pompiers, c’est la laideur des faux toits, l’absence d’intégration…
C’est le ressenti « à la vue de la chose » qui est exprimé : la sensation de la tôle, de l’abri misérable, du cube, du jouet infantile, de la misère du béton peint, etc.
Ces sensations comptent dans l’appréciation de la réalisation architecturale ?

Déclarations marquantes

 Karim Basbous

En novembre 2011, dans la revue Le Visiteur, il publie l’article Au nom du concept. En voici un extrait : « Le comble se constate lorsque l’évidence du concept lui-même dans le réel construit importe peu, du moment que le discours séduit. Personne ne reconnaîtra dans les « colonnes creuses » de la médiathèque de Sendai la balance des algues dans le milieu aquatique que veut y voir Toyo Ito. Ces colonnes…  (aboutissent à)   un trou noir. »

 

Portraits d’architectes

Edouard François
Edouard François

Edouard François

Aussi fier du « moulé-troué » de l’immeuble haussmannien qu’un peintre qui a mis des moustaches à la Joconde.