« Réinventer Paris »

Les projets hidalgoliens notés par Monts 14

Hidalgo crache sur Paris

A l’occasion de l’exposition au Pavillon de l’Arsenal autour « 23 projets réinventer Paris), un document a été publié, préfacé par Anne Hidalgo.
Sur ce court écrit de 2 pages (équivalent d’une page en caractères normal), les mots innovant, novateur, innover, reviennent au moins 8 fois. A chaque phrase, reviennent les verbes « créer sans se limiter », « donner libre cours », « abandonner tout modèle », « innover », inventer », « donner naissance », « exploré », « découvert », « inventé », « dépasser », « s’affranchir », « se découvre », « se construit ».

Le Paris emblématique que le monde entier nous envie ? Anne Hidalgo crache dessus : « Bien loin d’un Paris vitrifié par la nostalgie, ou à l’inverse noyé dans l’uniformité de la mondialisation libérale, c’est un Paris vibrant, rayonnant, optimiste, décloisonné et conquérant qu’ils(les projets) font émerger. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les "redans-surplombs" de la tour Triangle

Les « redans-surplombs » de la tour Triangle

 

 

Le futur centre commercial Gaîté

Le futur centre commercial Gaîté

 

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Surélévation au 199, bd Vincent Auriol

Surélévation au 199, bd Vincent Auriol

 

 

55-59 rue Piat

55-59 rue Piat

 

Eole - Evangile

Eole – Evangile

 

 

 

Stream building (lot n° 2)

Stream building (lot n° 2)

 

 

 

 

 

61, rue Buzenval

61, rue Buzenval

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hôtel de Collanges

Hôtel de Coulanges

 

 

 

 

Hôtel de la Bucherie autrefois dessin

Hôtel de la Bucherie autrefois dessin

 

 

Hôtel de la bucherie : intérieur massacré

Hôtel de la bucherie : intérieur massacré

 

Hôtel de Villiers décor suranné

Hôtel de Villiers décor suranné

 

 

Hôtel de Villiers avilissement de l'ambiance intérieure

Hôtel de Villiers avilissement de l’ambiance intérieure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Insertion dans le paysage

0/6

Qualité architecturale

0/7

Originalité

1/3

Création

0/4

Notation globale (provisoire)

1/20

Insertion dans le paysage

3/6

Qualité architecturale

0/7

Originalité

0/3

Création

0/4

Notation globale (provisoire)

3/20

Insertion dans le paysage

0/6

Qualité architecturale

0/7

Originalité

2/3

Création

0/4

Notation globale

2/20

Insertion dans le paysage

3/6

Qualité architecturale

0/7

Originalité

0/3

Création

0/4

Notation globale

3/20

Insertion dans le paysage

0/6

Qualité architecturale

0/7

Originalité

0/3

Création

0/4

Notation globale

0/20

Insertion dans le paysage

3/6

Qualité architecturale

3/7

Originalité

1/3

Création

1/4

Notation globale

8/20

Insertion dans le paysage

3/6

Qualité architecturale

0/7

Originalité

1/3

Création

0/4

Notation globale

4/20

Insertion dans le paysage

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Qualité architecturale

0/7

Originalité

2/3

Création

0/4

Notation globale

2/20

La mode des containers « encastrés »

En 2011 apparaissait, au 43, rue Desnouette, un conglomérat de cubes encastrés les uns dans les autres, peint en vert-pomme (voir le haut de page « 8 ans d’incongruités hidalgoliennes »).
Cette réflexion indigente sur le cube spatial prospère parmi des architectes hidalgoliens prompts à se congratuler entre eux. Plus étonnant, elle contamine un cabinet d’architectes connu.

Tour Triangle : les redans-surplombs

Vexé de ne pas être convaincant pour son image de « tour diamant de transparence » , le cabinet d’architecte Herzog & De Meuron s’est repris. Il parle de reflets, mais aussi de « redans ».
Qu’est-ce à dire ?
Des « containers-bureaux » s’avanceraient en surplomb. « Cela permettra vraiment de voir par transparence », dixit Gaëtan.
Passons sur les containers.
Gageons que le futur surnom de la tour sera : « La râpe à fromage ».

 

 

 

 

 

Le futur Centre commercial Gaîté

La « boite à humains » est ici volontairement soulignée par des couleurs différentes. Les « fentes fenêtres » renforcent la sensation de « boite en carton ».

 

 

 

 

 

 

 

Bessières

L’architecte a su dépasser le stade du container, mais pas beaucoup plus. Le cube spatial dédié à l’être humain est tantôt extériorisé, tantôt « rentré dedans », ce qui est, certes, typique des comportements humains, tantôt expansifs, tantôt timides. De toute évidence, la quête architecturale n’en est qu’aux premiers vagissements du bébé qui vient de naître.
Face à son œuvre, et à côté, des immeubles haussmanniens ayant un certain cachet sont manifestement déclassés.

 

 

 

Les 23 projets « Réinventer Paris »

Le 3 novembre 2014, Anne Hidalgo lançait un appel à projets sur le thème « Réinventer Paris ». Journée d’échange avec 100 startups (8/12/2014), clôture des manifestations d’intérêt (31/12/2015), jury de sélection (été 2015), jury international (jv. 2016), cela aboutit à l’expo du 3 fév. 2016 au Pavillon de l’Arsenal. 

Les « boites à humains »

Surélévation – cube

Au 199, bd Vincent Auriol, un ancien conservatoire sera dédié aux associations. La surélévation qui a remporté le concours est une boite très laide, comme on en faisait dans les années 60 pour les lycées. Le bâtiment, il est vrai, se situe dans un environnement de tours.

Un autre projet, bien plus original, tout en courbes, a été éliminé : pour quelle raison ?

 

 

 

 

 

Un paysage urbain défiguré

Aux nos 55 à 59, rue Piat, se trouvait une séquence architecturale qui avait beaucoup de charme. Dans ce quartier martyrisé, sur le terrain détruit, « toutes les innovations peuvent être envisagées sur ce terrain vide ». Effectivement, un pan de carton ondulé percé de trous est de bon aloi aux yeux d’Anne Hidalgo.

 

 

 

 

 

Eole – Evangile
« Projet L’îlot fertile »

Jean-Louis Missika, adjoint d’Anne Hidalgo chargé de l’urbanisme, considère comme innovation essentielle, un quartier « zéro carbone » à Eole-Evangile. Soit.
Certes, par rapport aux immeubles des années 70, la principale différence, ce sont « des épinards sur le toit ». Néanmoins, le projet revêt des critères architecturaux classiques : soubassement, superposition des fenêtres, étages en gradin et jardins intérieurs. Il se situe dans un environnement de tours et de barres très inhospitalier…

 

 

 

Clichy – Batignolles

Aux Batignoles, sur l’avenue de Clichy, le Stream building (lot n° 2) est une construction similaire à celles des années 70. Seules touches contemporaines, le matériau utilisé est le bois et il y aura un potager sur le toit. On lui reconnaît des qualités de simplicité

 

 

 

 

 

Buzenval

Au 61, rue Buzenval, est proposée un bâtiment lourdingue, métallique, flanqué sans pudeur face à des bâtiments haussmanniens de bonne facture : le mauvais goût absolu. Reconnaissons qu’il n’est pas mal dans le style bunker et que ses meurtrières obliques pourraient un jour être utiles.

 

 

 

 

 

Saccage des hôtels particuliers

Trois hôtels particuliers, au 15, rue de la Bûcherie (classé monument historique), au 29, avenue de Villiers, et au 35-37, rue des Francs-Bourgeois (hôtel de Coulanges), étaient voués à la curée. Fort heureusement, il n’était pas question de modifier leur aspect extérieur. En revanche, côté intérieur, c’était « table rase du passé ». Le critère retenu pour départager les projets était seulement le type d’animation, d’activité, des futurs occupants.Le saccage du décor intérieur montre bien une confusion. Pour Anne Hidalgo, les architectes et une partie de leur public, les murs sont assimilés à une peau. Ils n’ont pas plus d’importance. Dans une salle de travail, on est « entre quatre murs ». En réalité, au XVe siècle, lorsque Brunelleschi lance les bases de la Renaissance italienne, il n’a absolument pas une vision aussi réductrice. Bien au contraire, l’homme vit dans le cosmos, intermédiaire entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, et l’architecture ne fait qu’articuler l’espace. L’homme est honoré dans son intérieur au moins autant qu’envers le monde extérieur.

Hôtel de Coulanges

Cet hôtel doit à Madame de Sévigné, qui y avait passé son adolescence, plusieurs campagnes de restauration qui expliquent son cachet actuel.

Le projet, ou plutôt le « Hubb », c’est du « business models » éprouvé, l’Ecole Duperré et du coworking au service de la mode, de la création et du design, du collaboratif et de l’entrepeneuriat… l’alliance du programme (…) avec l’identité historique et patrimoniale du bâtiment… et, bien entendu, les certifications « HQE Rénovation, label BBC Effinergie Rénovation »…

Aucune précision n’est donnée quant à l’aménagement intérieur. Autrement dit, on fait ce qu’on veut, cela n’a pas d’importance.

Hôtel Bucherie

Le « Philantro-Lab » a gagné, incubateur de la philanthropie, pour créer des liens dans la sociétés, partager des expériences, des formations, du militantisme, de la convivialité avec des expositions, des conférences, deux restaurants, de la réinsertion professionnelle…

Architecturalement parlant, « les matériaux d’origine sont mis en valeur, tandis que le recours à des matières plus contemporaines établit un dialogue plus fertile entre les âges ». Autrement dit, vu de l’intérieur, cela ressemble à des salles de bureaux quelconques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hôtel Villiers

Dans ce bâtiment de 1880, original à l’époque, le décor intérieur suranné faisait respirer l’air du XIXe siècle.
Beckmann-N’ Thépé, architecte hidalgolien par excellence, pourfendeur acharné du patrimoine (voir Monts n° ), invite à la « colocation, écoresponsable et vecteur de promotion sociale », à un « programme-chronotope promouvant l’intégration de nombreux rythmes urbains… ». Résultat, une ambiance de HLM, une cuisine Ikéa en aggloméré blanc, des fauteuils conforama avec housse plastique bleue, etc. Bref, une régression, une frustration, une banalisation de type hôpital, une bêtise à en pleurer…